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The Doing Of All Good Deeds

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Marian de Knighton
♣ Lady / Nightwatchman ♣


√ LOCALISATION : In the arms of Robin
√ NOMBRE DE PRINTEMPS : 26

► WE ARE ROBIN HOOD ◄
● Age: 21 printemps
● Titre: Noble
● Inventaire:

MessageSujet: The Doing Of All Good Deeds Mar 6 Avr - 1:46


... The Doing Of All Good Deeds ...



"The lady, running, running, to the exit, far from the castle"


NOTTINGHAM TOWN
PRINTEMPS 1194
Alors que la lumière du soleil levant ne faisait pas encore briller les hautes des arbres de Sherwood, dans le lointain, des centaines de marchands, de clients, et de badauds grouillaient sur la place comme des poissons dans un filet. La ville entière bourdonnait des bruits, des images et des odeurs du jour de marché.

Le premier mercredi de chaque mois, un grand marché se tenait sur la place centrale de Nottingham. Des commerçants et colporteurs venus des autres comtés proposaient leurs marchandises aux habitants de la cité. Bien entendu, ils se faisaient de moins nombreux d’année en année, les habitants de Nottingham se contentant d’acheter le strict nécessaire à leur survie.

Dans les passages et les allées, les croisées claquaient contre les murs de pierre, que les servantes ouvraient à la fraîcheur du matin, pour les clore de nouveau sitôt que la chaleur s’installait. Sur le pavé, des marchands d’hydromel observait les apprentis qui dans un bruit de tonnerre roulaient des barils en direction de la taverne, se bousculant, rivalisant pour y arriver les premiers. Des cortèges de charrettes avançaient poussivement dans des craquements de ridelles surchargées et des grincements de roues mal graissées.

Des hommes et de femmes qui vendaient leurs produits avec une joyeuse agressivité. Sur leurs étals, ils proposaient des fruits et des légumes frais, de la viande, des volailles vivantes, des poissons en saumure, des bougies, des livres, des bijoux, des éléments de sellerie, des meubles, des tableaux, du pain, des horloges, des confiseries, de la pâtisserie, de la laine, des vêtements de travail et tenues fantaisistes… Ici, tout était à vendre, pour qui en avait l'envie… mais surtout les moyens.

« Ils sont beaux mes rubans ! »

« Achetez mes fruits bien mûrs ! »

« Eh mon gars, fais attention où tu mets les pieds, bon sang ! » lança une homme de haute stature à un jeune garçon qui courrait entre les étals.

En entendant un bruit sourd et fort derrière elle, Marian se retourna et s'écarta juste à temps pour laisser passer un paysan qui menait vers le marché aux bestiaux un énorme taureau marron. L'anneau passé aux naseaux de l'animal brillait comme un petit soleil, et ses sabots claquaient en cadence sur les pavés.

Les marchands étaient, pour la plupart, habitués des lieux, et chacun détenait sur le marché une place attitré. La première odeur qui frappa Marian fut celle de la graisse animale que l’on faisait chauffer. Elle passa en coup de vent devant un étal où cuisaient des pâtés que le marchand retournait sur une grille, puis replongeait dans l’huile bouillante. Le fumet de la soupe épaisse de haricots, et l’arôme succulent du pain d’orge et de blé qui cuisait devait éveiller l’appétit de plus d’un.

Mais la jeune femme avait elle l’estomac et le cœur plutôt serrés tandis qu’elle continuait sa traversée du marché. Les mendiants se faisaient de plus en plus nombreux. Des femmes et des enfants se trouvaient désormais à la rue, faute d'avoir pu payer les infâmes taxes qu’on leur demandait, et ils avaient le visage livide de ceux qui se trouvent sur l’étroit fil qui sépare la vie de la mort. La jeune lady ne chercha pas à détourner les yeux, elle était révoltée mais jamais elle ne chercherait à ignorer ces atrocités : c’était tout ce contre quoi elle se battait et ces gens étaient les mêmes que ceux qu’elle aidait en tant que Veilleur de Nuit, ou en espionnant au château pour que Robin puisse mieux accomplir sa mission et défendre le peuple.

Elle longea sans s’arrêter les éventaires de vêtements de laine, de boucles et de poterie, de cuirs et de peaux, ceux où se vendaient les produits du cru mais aussi les bourses et les ceintures importées de Cordoue et de plus loin encore. Après être passée devant un éventaire de coutellerie, elle se dirigea vers le coin de la grande place où l’on parquait les animaux vivants. Dans les cages exiguës se pressaient les poulets et chapons, parfois des alouettes et des roitelets au chant mélodieux. De tous ces animaux, elle préférait les lapins, serrés l’un contre l’autre en une boule indéfinissable de blanc, de noir et de brun.

Passée les éventaires de sel et de grains, de bière et de vin en tonneau, elle parvint devant celui exclusivement dédié aux herbes et aux épices. Le marchand qui le tenait ressemblait à un géant. La tête enturbannée de soie, il était revêtu d’une longue robe bleue aux reflets moirés. Des babouches rouge et or, à bout recourbé, rutilaient à ses pieds. Sa peau était d’un noir comme Marian n’en avait jamais vu, plus sombre encore que celle de De Fourtnoy, le maître d’armes du shérif qui avait précédé Guy de Gisborne. C’était à coup sûr un Sarrasin, et elle fut étonnée que des marchands venant d’aussi loin fassent leur commerce aussi loin au centre de l’Angleterre, à Nottingham, alors que la situation économique actuelle était loin d’être en leur faveur.

L’homme avait disposé ses produits en un cercle où le vert avoisinait le jaune, l’orange, le rouge, l’ocre et le brun. Si l’on reconnaissait au premier coup d’œil le romarin et le persil, l’ail, la lavande et le souci, l’arrière de l’éventaire proposait des épices plus recherchées, comme la cardamone, la noix de muscade et le safran. Sur les autres, Marian ne parvint pas à mettre un nom, mais cela ne l'intéressait pas plus que ça en cet instant, bien trop préoccupée par ses autres pensées.

La jeune femme connaissait tous les raccourcis de la Cité. Aussi se glissa-t-elle habilement dans la presse, jouant des coudes et des genoux, se faufilant entre chèvres et moutons, les ânes et les mulets surchargés de marchandises et de paniers, les cochons trottinant mollement à travers les rues étroites. Elle connaissait par cœur la route la plus rapide et le plus sûre pour arriver à destination.

A court d’excuses pour quitter le château et se rendre en ville désormais, elle avait du s’ « absenter » secrètement. Aussi n’avait-elle que peu de temps. Sarah était restée à faire le guet dans sa chambre au cas improbable où le shérif ou ses hommes s’y rendraient, et plus probable que Gisborne cherche à y entrer. Marian avait revêtu une fois de plus la robe et la pèlerine bleu sombre et s’était fait passer pour une servante, quittant le château avec les autres domestiques. Elle avait déjà utilisé cette ruse qu’il lui avait permis de rejoindre Pitt Street et d'apporter des médecines à ses habitants la fois où le shérif y avait déclaré une épidémie de peste et l’avait bloqué du reste de la ville.

En passant aux portes du château, bien gardées, malgré sa capuche rabattue sur le visage et le fait d’être entourée d’autres jeunes femmes d’à peu près son âge et sa stature, son cœur avait failli manquer un battement. Elle prenait à chaque fois des risques en agissant de la sorte, elle le savait, mais cette fois-ci encore, le jeu en valait la chandelle. Elle avait une information de la plus haute importance à délivrer à Robin. Marian ne pouvait pas se permettre de livrer son message dans les rues de Nottingham, la chose était bien trop grave et avait été tenue si longtemps secrète. Elle devrait se débrouiller pour trouver un moyen de quitter la ville. Pour cela, elle avait décidé de passer par la porte ouest de la ville. Celle-ci était moins bien gardée et les gardes seraient moins à même de la reconnaître si elle gardait le visage bien dissimulé. De plus, elle savait que c’était la porte qu’empruntait les jeunes paysannes qui se rendaient ensuite à Nettlestone. En passant avec le reste de la foule, elle passerait inaperçue, habillée de cette manière. D’autant qu’elle était une femme, et les gardes n’auraient pas de soupçons à son sujet : ils surveillaient surtout les hommes qui étaient plus nombreux parmi les voleurs et les hors-la-loi. Personne n’aurait à s’inquiéter d’une jeune femme sans défense. Enfin pas tout à fait… Marian savait se battre, même à mains nues. D'habitude elle conservait toujours une dague dans sa botte droite, précaution supplémentaire qui avait été plus d’une fois la bienvenue, surtout lorsqu’elle était à Sherwood. Mais là, elle ne portait que de simples chaussures et elle était complètement désarmée, du moins, c'était sans compter ses talents d'acrobate et de guerrière bien entendu. Elle avait étourdi plus d'un homme d'un simple coup de poing ou d'un bon coup de pied.

Culminant au-dessus des toits, le soleil découpait par les rues des carrés de lumière. Sous l’appentis d’un maréchal-ferrant, les fers à cheval pendus à leur clou lançaient de brefs éclairs. Quand Marian s’approcha, la chaleur de la forge lui fit l’effet d’un brûlant soufflet.

Arrivée devant les portes, elle resta un peu en retrait, attendant que le prochain groupe sorte pour s’y glisser. Elle en profita pour guetter les alentours, à l’affut du moindre détail suspect : si elle n’avait pas de chance, Gisborne et ses hommes pouvaient déjà être partis à sa recherche.

Un garçon au visage peu amène, conduisait indolemment un troupeau d’oies qui cacardaient bruyamment, en lançant des coups de bec à deux jeunes fillettes apeurées. Un blondinet qui passait par là leur décocha une œillade pour les faire sourire, puis marcha sur le plus agressif des volatiles en agitant les bras pour l’effrayer.

« Où te crois-tu ? » protesta avec hargne jeune gardien d’oie. « Va donc au diable voir si j’y suis ! »

Les gamines se mirent à pouffer. En réponse, le petit blond produisit un cacardement moqueur, et se retourna au moment où un jars, cou tendu, lui sifflait sa colère au visage.

« Bien fait pour toi, espèce d’idiot ! » lança le garçon.

Le petit garçon recula pour éviter le coup de bec.

« Tu devrais mieux surveiller ta volaille » riposta-t-il.

« Y a que les pleutres pour avoir peur comme ça » , ricana l’autre en le toisant de haut. « Le pauvre bébé a peur d’oies inoffensives, pas vrai ? »

« Je n’ai pas peur » protesta l’enfant en montrant les deux fillettes réfugiées dans les jambes de leurs mères. « Elles, si. Tu devrais prendre garde à ce que tu fais. »

« Et avec toi, qu’est-ce qu’y faudrait que j’ fasse, é ? »

« Je te dis simplement de prendre garde. »

Le jeune gardien s’approcha du garçon, la badine haute.

« Et qui va m’y contraindre, toi, peut-être ? »

Il dépassait le gamin d’une tête. Son corps était couvert d’ecchymoses, preuve que les horions étaient son lot quotidien. L’enfant recula d’un pas, la main levée en manière de conciliation.

« Je te demande : qui va m’y obliger ? » reprit le gardien d’oies, déjà prêt à un échange de coups.

L’algarade aurait tourné au pugilat sans la présence d’un ivrogne qui, jusqu’alors affalé contre un mur, se leva en tonitruant, enjoignant les deux garçons de passer leur chemin et de le laisser en paix. Le blondinet profita de cette diversion pour s’éclipser.

Marian avait suivit toute la scène sans quitter des yeux la porte, attendant que la foule s’y presse, ce qui n’allait sans doute pas tarder. En attendant, elle continua à observer les gens qui continuaient à se presser dans les rues. C’est alors qu’elle y vit un énorme personnage bedonnant dans des habits rouges criards qu’elle reconnut aussitôt. Holbrook était sans doute l’une des personnalités les plus connues de Nottingham... ...et l'une des moins aimées. Cet homme était l’un des plus riches bourgeois du comté et avait fait fortune en créant des ateliers de broderie dans Nottingham. Les ouvrages étaient si fameux et reconnus pour leurs qualités qu’ils étaient exportés dans toute l’Angleterre. Bien sûr, c’était sans tenir compte du traitement de ses employés et de la pression qu'il leur mettait dans leur travail.

Sur lui circulaient des rumeurs assez horribles et on disait que c’était un homme aussi violent que cupide. Il était suivit par toute une ribambelle de domestiques et elle s’étonna de le voir ici, à faire les courses alors qu’il aurait sans doute pu laisser la besogne à ses serviteurs. Sans doute avait-il besoin de se montrer en public, ce qui était une des lubies des hommes de son espèce. Montrer sa bonne fortune et sa richesse et l’étaler aux yeux de tout le monde. La population souffrait déjà bien assez, inutile d'en rajouter. Les regards que lui jetait la foule étaient d’ailleurs peu amènes.

Son ventre proéminent en avant, Holbrook marchait entre les commerces comme un prince dans son domaine, menton levant et un air plein de suffisance.

« Je veux ses choux. Et ses deux poulets. Pas de bière, elle était aigre il y a un mois. »

La jeune femme détourna bien vite le regard pour se concentrer à nouveau sur la porte. Les affaires de cet homme imbu d’importance ne l’intéressaient guère. Pour l’instant, la seule chose qu’elle avait à l’esprit, c’était de trouver un moyen rapide de sortir de la ville sans se faire repérer, et pour cela, elle devait attendre que davantage de monde passe par cette porte. Pour l’instant seules quelques carrioles et charrettes passaient au compte-goutte. La plupart des gens circulaient par l’entrée nord. Elle allait sans doute devoir attendre encore un peu.

Marian entendit soudain un terrible rugissement et se retourna précipitamment. Près d’un étale de pommes, Holbrook avait refermé sa main brutalement sur le minuscule poignet d’un petit garçon. Après lui avoir arraché le fruit qu’il tenait fermement, il le saisit violemment par les cheveux et l’envoya rouler sur une femme qui se mit à pousser des cris d’orfraie. L’instant d’après, un attroupement s’était formé. Abandonnant son poste près de la porte, Marian se rapprocha de la scène, jouant des coudes pour se glisser dans la masse de villageois intrigués.

« Sale petit voleur ! » beuglait l’horrible bonhomme en attrapant de nouveau le garçonnet qui se débattait tant bien que mal pour échapper à son emprise.

« Je vais t’envoyer en prison ! Comment oses-tu ?! J’en ai plus qu’assez des garnements de ton espèce. Je vais te faire bastonner. »

« J’espère, monsieur, que votre épouse est stérile. L’homme qui punit ainsi un enfant ne mérite pas d’en avoir. » lança Marian en s’avançant au centre du cercle qui s’était formé.

Le petit garçon était encore plus jeune qu’elle ne l’avait cru de premier abord. Il ne devait pas avoir cinq ans ! Et cela rendait la réaction du riche homme encore plus odieuse à ses yeux. Comment pouvait-on faire preuve d’aussi peu de compassion ?

« Mêlez-vous de vos affaires ! » répondit distraitement Holbrook, daignant à peine lui accorder un regard.

« Appelez la garde qu’on emmène ce voleur. » lança-t-il à l’un de ses serviteurs qui portait ses courses. « Avec un peu de chance, le shérif sera clément et ne lui coupera qu’une seule main. »

« Laissez-le partir ! » insista Marian, choquée, « Il ne vous a pris qu’une malheureuse pomme ! »

« Comment… comment osez-vous ? » frémit de rage le gros bourgeois, réellement offusqué par tant d’impudence. « Savez-vous qui je suis jeune demoiselle ? »

« Oui, je le sais très bien. » , répliqua-t-elle sur un ton autoritaire.

« Comment ça ? Qui êtes-vous ? Et pourquoi donc cacher votre visage ? »

Il fallait qu’elle prenne rapidement une décision. Elle avait une mission urgente qu’elle se devait absolument de remplir. Si elle n’allait pas voir Robin, personne ne pourrait protéger le jeune Philippe à son arrivée en Angleterre. Elle ne pouvait laisser les Chevaliers Noirs assassiner le fils du Roi ! Certes, l’existence de celui-ci avait été dissimulée toutes ces années et il avait été conçu de manière illégitime, mais cela ne rendait pas les choses différentes. Si Richard mourrait en Terre Sainte, il pourrait bien représenter leur seul espoir de voir revenir sur le trône un Roi juste qui se soucierait de son peuple. Elle ne pouvait laisser passer cette chance.

Pourtant, elle ne pouvait laisser un enfant se faire maltraiter sous ses yeux et ne rien faire. Pas si elle pouvait faire quelque chose ! Elle pensa un instant que c’était cette pensée qui avait coûté à Robin son titre et son statut, le à l’état de paria lorsqu’il avait refusé, alors qu’elle lui avait enjoint, de sacrifier la vie de quatre de ses villageois qui avaient été conduits à l’échafaud de manière injuste. Elle lui en avait voulu pour cette action, l’avait traité d’imbécile, mais elle l’avait aussi secrètement toujours admiré pour ça.

A présent, c’était elle qui allait se comporter en imbécile, mais c’était plus fort qu’elle. Le Prince Jean et le shérif levaient tant d’impôts que les gens mouraient de faim et ne pouvaient nourrir leurs propres enfants. Et ensuite on les arrêtait pour vol. C’était absurde. Le shérif était le voleur, pas eux. Et s’en prendre à un être si jeune et sans défense, sans la moindre pitié… Non, elle ne pouvait le tolérer.

La jeune femme se découvrit donc, offrant son visage à la vue de tous. Encadrant son visage de façon charmante, ses cheveux bruns cascadèrent par vagues sur ses épaules. Sa peau au teint pale contrastait avec le bleu de ses yeux, brillants sous le soleil matinal. Elle releva la tête dans un port noble et volontaire, bien décidée à défendre sa position et à en assumer les conséquences.

« Lady Marian ! » s'exclama-t-il avec surprise en découvrant le visage de la jeune noble.

A cette constatation, le ridicule bourgeois lui fit une très brève et maladroite révérence.

« Mais que faites-vous donc ici Madame ? Et habillée comme une femme du peuple qui plus est. Comment se fait-il que vous ne soyez pas au château ? »

« Mes affaires ne regardent que moi. » fit Marian sur un ton qui ne souffrait pas la discussion. « Et lâchez donc cet enfant. Il n’a rien fait de mal. »

« Ce garçon vient de me voler et vous affirmez qu’il n’a rien fait de mal ?! »

« Ne voyez-vous pas que cet enfant meure de faim ? Considérez-vous vraiment comme mal le fait de lutter pour survivre ? »

« Avec tout le respect que je vous dois, ma Dame, ces "enfants" comme vous le dites ne sont que des petits délinquants, des petites crapules. Sans doute de futurs criminels tels que Hood et sa bande. Délester ainsi sans scrupule des gens qui suent corps et eau pour gagner leur pain… »

« Mais je ne crois pas que ce soit votre cas, n’est-ce pas Monsieur ? » lança ironiquement Marian en fixant l’imposante bedaine du commerçant. Son ton était maîtrisé mais intérieurement elle bouillait de rage face à temps de suffisance, de cruauté et de stupidité. Elle n’avait pu s’empêcher de rétorquer de manière effrontée et il semblait réellement blessé, ne sachant sans doute pas bien réagir.

« Tenez » , fit-elle en lui tendant une pièce de monnaie qu’elle avait rapidement saisie dans la maigre bourse qui pendait à sa ceinture, dissimulée sous sa cape. « Votre pomme a été payée. Maintenant, lâchez-le ! »

Le visage d’Holbrook vira rouge, indiquant qu’il contenait son indignation non sans difficulté. Il relâcha prestement l’enfant avant de faire un signe à ses serviteurs et de partir à grandes enjambées furieuses. La foule se dispersa, non sans avoir jeté un dernier regard à la lady. Cette dernière s’approcha alors du petit garçon qui n’avait pas quitté des yeux la pomme qu’il tenait toujours fermement serrée dans son poing. Marian s’accroupit alors auprès de lui.

« Ça va ? Tu n’es pas blessé ? »

« Non Madame » répondit-il d’une petite voix et dans un reniflement.
« … Merci Madame » ajouta-t-il timidement, les yeux toujours baissés.

« Comment tu t’appelles ? »

« Colin. »

« Eh bien, je suis ravie de t'avoir rencontré Colin. Moi c’est Marian. Tes parents sont ici ? »

« Oui » répondit le petit garçon en levant enfin les yeux. « Mère travaille. Et Père est parti. On ne s’est pas où, mais un jour, il reviendra, j’en suis sûr. Il nous emmènera dans un endroit où Mère n’aura plus à travailler jusqu’à tard le soir et ne sera plus tout le temps fatiguée. Un endroit où on n’aura plus du tout faim et où on sera heureux tous ensemble. »

Marian lui adressa un petit sourire triste.

« Tiens » fit-elle en lui tendant discrètement la petite bourse. « Il n’y a pas grand-chose, quelques pièces seulement, mais cela pourrait t’aider ta mère à ne pas trop s’inquiéter pour le repas de ce soir…»

« … et toi à ne plus voler » , ajouta-t-elle avec un sourire à l’adresse du garçonnet. « Je dois y aller à présent Colin. Passe une bonne journée. »

Le petit garçon, stupéfait était demeuré muet mais lorsqu’il retrouva la parole, il s’écria à l’adresse de la jeune femme qui repartait en direction de la porte :

« Dieu vous garde ma Dame ! »


Marian s’en alla un instant avec le sourire, heureuse d’avoir au moins accompli une bonne action dans la journée et d’avoir aidé des malheureux. Mais la réalité lui revint rapidement à l’esprit. Si le shérif apprenait ce qui venait de se passer – et il l’apprendrait à un moment à un autre, les rumeurs circulant vite et les hommes du shérif ayant des oreilles partout – il la punirait sûrement d’une manière ou d’une autre. Les trois dernières punitions les plus sévères avaient été celle de lui faire couper les cheveux en public, puis de les assigner elle et son père à résidence au château, et enfin d’enfermer son père souffrant et malade dans une geôle.

Chacune de ces punitions, et surtout la dernière d’entre elle, étaient restées gravées dans sa mémoire. Que se passerait-il cette fois, maintenant qu’il ne pouvait plus faire pression sur elle en menaçant de s’en prendre à son père ? Oserait-il véritablement s’en prendre à elle alors qu’elle était en partie protégée par son statut ? Après tout, le voleur qu’elle avait cherché à défendre n’était qu’un enfant… Un criminel aux yeux du shérif, certes, mais un enfant tout de même. La situation ne serait sans doute pas la même s’il découvrait qu’elle était le Veilleur de Nuit, ou pire, qu’elle espionnait pour aider son pire ennemi, Robin Hood.

Il fallait à présent qu’elle réfléchisse le plus vite possible à une solution pour sortir du château. Les gardes de la porte, désabusés, n’avaient pas quitté leur poste pour assister à l’incartade qui venait d’avoir lieu. Avec un peu de chance, elle réussirait à passer devant eux sans se faire remarquer. Ayant de nouveau rabattu sa capuche sur son visage, elle s’apprêtait à s’élancer vers la porte lorsqu’un rire juvénile retentit, juste derrière elle, la stoppant dans son élan.


Dernière édition par Marian de Knighton le Mar 6 Avr - 23:11, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: The Doing Of All Good Deeds Mar 6 Avr - 16:29



Il avait fière allure le père, oh que oui. Il frottait tellement son épée qu'il risquait un jour ou l'autre de se couper un doigt dessus. C'était un brave homme, un courageux comme on n'en fait plus mais qui n'avait malheureusement pas sa chance auprès d'une bande d'incapables. Si ça ne tenait qu'à lui, il aurait déjà mis Robin au bout d'une corde avec tout le reste de la bande. Les pendaisons étaient d'ailleurs assez festives d'habitude. On prenait quelques restes de nourriture que l'on balançait avec de grands cris sur les condamnés.

La mère d'Alexian, étrangement, n'avait jamais eu le même entrain que son époux lors de ces magnifiques manifestations du pouvoir. En général, elle suivait le mouvement et arrivée près des condamnés, elle balançait son regard entre la corde et le cou de l'individu qui avançait. Le gamin l'avait même déjà entendu dire « Vois, cela pourrait être nous. » Cette phrase bien étrange n'avait pas fait sens pour son fils et avait suffi à provoquer la colère de Peter. Après une gifle, elle avait appris à ne plus faire de commentaires. Le gamin supportait plutôt bien les coups, même s'il n'y habituerait vraiment jamais. Mais il n'appréciait pas de voir sa mère reculer de peur lorsque son père s'approchait avec colère. Aussi, il souhaita que Peter ne découvre jamais que lui, Alexian, vivait tranquillement un peu partout en profitant des victuailles distribuées par Elizabeth.

Il se disait que la pendaison serait douce à côté de la punition qu'il lui réserverait, même s'il s'il savait que la vérité était toute autre. Comme beaucoup, des images étaient gravées dans son esprit. Des images qui surgissaient de temps en temps et auxquelles on essayait de s'habituer pour ne plus avoir peur. Oui, il devait admettre que certains pendus avaient à peine son âge alors quel danger pouvaient-ils bien représenter ? Qu'avaient-il pu dire pour subir telle punition ?

Le gamin déglutit puis s'éloigna du logis familial pour aller traîner sur le marché. Tous ses sens étaient réquisitionnés et il n'aimait pas ça. C'était un mélange ignoble de doux parfums, d'odeurs primaires et autres compositions... Entre les animaux qui puaient et la nourriture, c'était une sorte de mélange immonde. D'ailleurs, Alexian n'aimait aller au marché que pour voir du monde.

Ce jour-là, il dût lutter pour se frayer le moindre passage et dès qu'il ne prenait pas garde, il sentait de lourds poids lui écraser les pieds et son juron se perdre dans la cacophonie du marché. C'était aussi un peu ça le marché... une petite guerre bien organisée. Au moindre espace libre, les mendiants venaient s'assoir et tendaient inlassablement leur main pour attendre une pièce qui n'arrivait que trop rarement. Mais c'était pour le bien du royaume tout ça, c'était ce qui devait être. Alexian tourna le regard vers l'un d'entre eux, avec une sorte de méfiance, comme si le mal qui accablait l'homme était contagieux. Quoiqu'il en soit, il n'avait rien à faire auprès d'un tel individu. Et puis, n'était-ce pas par leur faute que Robin se trouvait des motifs pour dérober et chaparder ? À cette pensée, le gamin se sentit quelque peu rassuré, il pouvait leur rejeter la faute quant aux agissements de l'autre renard...

Le gamin leva le menton avec une fierté palpable qui redescendit bien vite, surtout après s'être fait bousculer plusieurs fois. Malheureusement pour lui, il n'était pas bien grand et les gamins qui avaient le malheur de rêvasser quelques instants étaient vite déplacés comme de gros sacs. Un coup. Deux coups. Et ils avaient disparu. Quelques fois aussi, il arrivait que des soldats aient à intervenir à cause d'un larron qui souhaitait soulager un noble seigneur de quelques pièces. Les gardes étaient toujours plusieurs et la sortie se faisait vite. Comme dans un spectacle parfaitement organisé, chacun se reculait pendant que le hommes disparaissaient et la foule reprenait sa place dès qu'ils étaient passés. Impossible de savoir quel sort serait réservé à celui-là... Jour de clémence ou pas, tout résultat serait bien aléatoire, et les règles en matière de justice aurait dépassé n'importe quel gosse.

Alexian avait le visage sale. Il s'était bien approché d'une flaque à un moment mais il ne savait pas d'où était cette eau... et ça en était. Alors il avait attendu sa visite au logis parental pour se passer un rapide coup d'eau sur les joues et les mains. Rien que ce geste minime l'avait rendu anxieux. Il avait bien senti une chaleur lui monter aux joues et aux oreilles avant que ses mains ne se mettent à trembler. C'était stupide, et il le savait très bien mais cette bassine pleine lui avait donné le vertige. Il n'osait même pas passer dans cette immense flaque de peur qu'elle ne s'ouvre sous ses pieds et ne l'engloutisse. Il se braqua et grimaça. Derrière lui, trois femmes le poussèrent en marmonnant quelque chose. Mais les oreilles d'Alexian sifflaient, ses jambes s'étaient bloquées et il dut faire un effort surhumain pour se retourner. Il se retrouva face à deux femmes habillées assez pauvrement, accompagnant une dame qui désignait déjà ce qu'elle voulait. Serrant ses mains l'une contre l'autre, Alexian les poussa et passa entre deux d'entre elles. Il sentit la différence du tissu dont l'un était sale et maladroitement cousu, alors que l'autre était fait dans une étoffe précieuse. On ne pouvait pas ignorer le toucher avec un tel trésor.

Il s'écarta sous le regard acide de la dame. Tant pis, son élégance la rendait forcément belle. Alexian lui offrit un sourire en coin qu'elle ignora pour s'avancer. Elle marqua simplement une pause arrivée devant ladite flaque et en raison du vacarme présent, Alexian n'entendit pas ce qu'elle était en train de dire. Il la vit désigner l'eau d'un index parfait. Propre, soigné et à la peau laiteuse. Elle portait également une bague que beaucoup auraient bien voulu subtiliser. Peut-être même en lui coupant le doigt. Elle agita son index et l'une des deux suivantes retira son châle de ses épaules. Enfin un châle... Disons que ce qu'elle portait faisait office de châle ; elle l'observa quelques instants et le posa au-dessus de l'eau avec un regard de regret. La dame passa au-dessus en rangeant son doigt dominateur près de ses cheveux, le temps de remettre une mèche qui volait au vent. La scène l'interrompit lorsqu'un : « Les meilleurs porcs de tout le royaume ! » suivi du passage de deux animaux ramènent de nouveau Alexian à la réalité. Il se fit pousser par l'un des animaux et leva le regard sur l'éleveur qui ne daigna même pas dire quoi que ce soit. Les animaux étaient tellement gros qu'un enfant n'aurait de toute façon pas été capable de les faire dévier de leur passage. Il s'éloigna en pesant et remarqua que son errance dans le marché l'avait finalement conduit à proximité des portes.

Il eut un soupir quelque peu lasse et s'assit. Il se mit à observer oisivement les passants tout en se rêvant croiser Robin Hood. Un sourire apparut au coin de son visage et il fouilla le sol à la recherche d'une branche ou quelque chose comme ça. Rien. Les pavés parfaitement dégagés de gros débris n'avaient souffert que le passage d'animaux. Il mima une épée dans sa main droite – sachant qu'il ne saurait même pas en soulever une véritable plus de quelques secondes – et secoua son bras droit contre un ennemi invisible. Sans proférer de menace ou de « Prends ça », il se créa un monologue à lui seul. Un saut vers l'arrière, deux pas sur le côté.

À sa droite, un groupe s'était arrêté avant de passer les portes et semblait en grande discussion. À sa gauche, un arrogant qui conduisait un groupe d'oies s'amusait à embêter deux petites filles qui ne semblaient pas vraiment apprécier la présence des animaux. Elles poussaient des petits cris apeurés alors que leurs mains restaient en l'air, n'effrayant pas le moins du monde la stupide volaille qui continuait ses coups de bec. Qu'est-ce qu'Alexian n'aurait pas donné pour demander à son père une oie pour le souper. Il aurait pu agiter la monnaie sous le nez du jeune homme et trancher le cou de l'animal... Quoique ça n'aurait pas eu beaucoup d'impact. Après tout, ce n'était qu'un marchand et ces bêtes n'étaient que de vulgaires produits destinés à la vente après tout... Par contre, Alexian n'avait pas peur de se faire pincer par ces bestioles donc il pouvait toujours s'en approcher. Dès qu'il eut capté le regard de l'une des petites filles, il tenta un signe de la main mais le rouge risquait de lui monter aux joues alors il garda ses doigts pour lui et glissa sur son visage un sourire malicieux. Il vit le regard des fillettes revenir sur les oies et il avança vers les animaux, en ayant repéré celui qui donnait le plus de coups de bec et se dirigea vers celui-là en secouant rapidement les bras. Comme prévu l'animal marqua un mouvement de recul – Robin n'avait qu'à bien se tenir ! - sous le sourire des deux petites filles.

Le gardien d'oies le réprimanda et Alexian fit son malin en supposant que ce n'était que des mots et que l'autre resterait auprès de ses bêtes. Mais les fillettes se mirent à ricaner dans leur coin et Alexian se mordit la lèvre inférieure avant de pousser la chansonnette. Au moment où il se retournait, il vit l'une des "marchandises" tendre son cou vers lui et produire un bruit qui sonnait presque comme un « Je vais te bouffer. »

Il eut un mouvement de recul et écarquilla les yeux avec surprise. Il ne s'était pas vraiment attendu à une revanche de l'un des gros poulets contre lui et se trouvait un peu moins rassurée tout de suite... Bien sur, le gardien d'oies ne manqua pas de faire une petite remarqua acerbe. Malgré sa tentative de répartie, Alexian ne sut pas empêcher la moquerie de l'autre. Heureusement, il y avait plus apeuré que lui dans le coin et il désigna les deux fillettes avant de faire un pas vers le gardien. En guise le réponse, le jeune homme en fit deux et ils se retrouvèrent soudain très proches l'un de l'autre – un peu trop d'ailleurs – ce qui eut pour effet d'accélérer les battements du cœur du jeune garçon. Ça allait mal tourner tout ça...

Alexian était contraint de lever les yeux pour pouvoir le fixer convenablement et il ne put s'empêcher de noter que les bras du jeune homme étaient comme ses cuisses à lui. Il avait de nombreux bleus ce qui signifiait que ce bagarreur n'allait sans doute pas hésiter à montrer qui était le plus fort. Alexian pourrait sans doute s'enfuir à toutes jambes mais il se prendrait une bonne correction juste avant. Il eut un dernier geste avant de se prendre la raclée qu'il méritait – peut-être – mais il fut vain.

Il ferma l'œil gauche en ayant remarquer que le jeune homme était droitier mais une odeur d'alcool s'ajouta à l'atmosphère déjà pesante. Il tourna la tête sur le coté et vit un homme qui serrait précieusement une bouteille vide contre lui. Dès qu'il eut commencé à parler, Alexian supposa que l'attention du gardien d'oies étaient retenue et s'éloigna discrètement.

Petit à petit, un agglutinement se créa. Même le groupe près de la porte cessa tout bavardage pour aller voir. Quant au gamin, il attendit d'être suffisamment loin pour brailler :

« Les chicanes ne m'effraient pas ! »

Il eut un sourire satisfait et s'adossa à un mur sans chercher à savoir ce qui allait se dérouler maintenant entre l'homme et le gardien d'oies. Par contre, une seconde animation semblait faire son apparition un peu plus loin. Le gamin se faufila pour avoir une place de premier ordre et reconnut le dit Holbrook. Enfin sa panse plutôt, qui semblait cinq fois plus grosse que sa tête. Alexian avait déjà entendu parler de lui, surtout lorsque sa mère parlait avec l'une de ses amies, et c'était souvent avec des « On m'a dit que... » « Ma chère Elizabeth, vous êtes en dessous de la vérité. »

Et quand on parlait de ses agissements, cette formule accompagnait toujours les mots : « Que Dieu le pardonne. » Dis donc, il devait en faire des choses pour que chacun lui souhaite le pardon de Dieu. Et pourtant, le clergé ne paraissait pas intéressé par ses agissements, sans doute parce qu'ils payaient bien toutes ces taxes... C'était un honnête homme de ce fait...

Le regard d'Alexian suivit l'énorme ventre puis le bras, la main et les doigts gonflés qui écrasaient le poignet d'un jeune garçon, plus jeune qu'Alexian encore. Ce dernier fronça les sourcils et joua des coudes pour rester au bord de la foule qui commençait déjà à élever une longue plainte. Les mots se mélangeaient, se cognaient et se contredisaient, comme souvent. Mais la voix grasse de Holbrook surpassait tout et sa colère était palpable, presque autant que la peur du gamin qui essayait de se libérer de la main de l'homme. Il s'agissait mais restait captif malgré tous ses efforts.

La sanction semblait très proche pour lui. Les lèvres d'Alexian se serrèrent, pas vraiment sûr du comportement qu'il devait adopter face à une telle situation. Quelques-uns tentèrent de plaider la cause du gamin mais un simple regard de Holbrook les faisait fuir, sans compter les braillements de certains qui ne cessaient de renchérir : « Voleur ! Voleur ! »

Puis une voix fine, très haute, se glissa parmi les tonalités basses et agressives. La voix était superbe mais le ton sec, une attaque précise et blessante. Tous les regards se tournèrent vers celle qui avait osé proférer de tels propos. Un homme qui se trouvait à côté d'elle jugea préférable de s'éloigner, sans doute pour ne pas que quelqu'un ait l'erreur de penser qu'ils étaient ensemble...

La femme s'avança et la foule forma un cercle parfait, laissant les protagonistes agir au milieu. Le jeune garçon posa un genou à terre et regarda une autre pomme rouler sur le sol sans que personne n'ose s'en approcher. Ah, la garde allait sans doute arriver sous peu, puisque l'un des serviteurs partait au trot pour les prévenir. Mais l'échange entre l'homme et la femme ne s'arrêta pas là et tout le monde tendit l'oreille, baissant légèrement la voix pour entendre ce qui se disait. À un moment, Alexian se fit même marcher sur la main. Il demeura attentif jusqu'à ce que... la dame se découvrit et laissa apparaître son visage. Elle n'avait vraiment rien d'une simple paysage et l'image du doigt de l'autre dame revint en mémoire du garçon qui ne put s'empêcher d'observer – ou d'admirer – longuement celle qui défendait le gamin. Lady Marian.

Holbrook posa les questions qui brûlaient férocement les lèvres de toutes les personnes présentes et personne n'eut de réponse satisfaisante. Certains déguerpirent sentant les ennuis arriver et la dame défendit ses arguments avec ardeur et conviction. Elle posait de vraies questions, auxquelles Alexian ne voulait pas trouver de réponse, ce n'était ni son rôle ni son envie... Par contre, la remarque d'Holbrook arracha un sourire à Alexian. "Suer corps et eau"... Il devait sans doute davantage suer par sa masse imposante que par son ouvrage et le jeune homme baissa le visage pour ne pas être vu... Suer, lui... Et il fallait même ajouter qu'il mangeait sans doute autre chose que du pain, son imposante panse en témoignait sans laisser le moindre doute. Quant au gamin, il avait cessé de se débattre et implorait presque – non, suppliait complètement – la dame du regard. Lui avait bel et bien la peau sur les os. Et encore...

L'homme baragouina quelques propos inintelligibles quand Marian révéla sa pensée. Mais les bons réflexes étaient toujours là et il ne manqua pas de recevoir l'argent que la dame lui confia en échange de la libération du gamin. S'il avait été un baril de poudre noir, nul doute que l'homme se serait déjà enflammé ! Quant au fruit incriminé, le gamin le tenait toujours. Alexian disparut dès que Holbrook lâcha le gamin et tourna des talons. Il allait sûrement abattre sa fureur sur le prochain qu'il croiserait donc il ne fallait pas rester sur son chemin. Il s'écarta et suivit la jeune femme du regard. Elle affichait un sourire serein, satisfait, agréable ou noble. Les quatre adjectifs lui convenaient bien qu'elle eut laissé partir un voleur... Elle rabattit sa capuche sur le visage et Alexian suivit son regard jusqu'à la porte. D'ailleurs, le gardien d'oies n'étaient plus là, ni les fillettes. Les groupes s'étaient dispersés et alors que la dame partait d'un bon pas, Alexian ne put s'empêcher de laisser échapper un ricanement, un rire qui le poussa à s'approcher d'elle. Il se tut dès qu'elle s'arrêta et attendit qu'elle se retourne :

« Une dame courrait, courrait, vers la sortie, loin du château
Quand vilain seigneur remarqua un gosse lui dérobant son bien
Furieux, il s'agita et exigea que, du larron, on lui donne la main

La dame intervint et usa de son nom pour aider le vaurien
Elle s'offusqua et remit son capuchon pour partir au plus tôt
Mais pour ne plus la reconnaître, il eut fallu être bien sot ! »


Le garçon la contourna pour se retrouver face à elle et lui offrit son meilleur sourire tout en la parcourant du regard, comme son père le faisait souvent avec les femmes qu'il croisait. Il croisa les bras sur son torse et demanda avec arrogance :

« Quelque chose à me dire Lady Marian ? »


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MessageSujet: Re: The Doing Of All Good Deeds Mer 7 Avr - 0:36


La jeune femme se retourna lentement et se retrouva nez-à-nez avec… …un petit garçon. Il était vraiment petit, sans doute un peu plus âgé que celui qu’elle avait défendu plus tôt, mais pas de beaucoup plus grand. Elle le reconnut aussitôt : c’était le gamin qui avait eu maille à partir avec le garçon d’oie un peu plus tôt. Ce souvenir lui tira un sourire, et c’est donc souriante qu’elle s’apprêtait à s’adresser à son jeune interlocuteur lorsque celui-ci la devança en poussant la chansonnette :

« Une dame courrait, courrait, vers la sortie, loin du château
Quand vilain seigneur remarqua un gosse lui dérobant son bien
Furieux, il s'agita et exigea que, du larron, on lui donne la main

La dame intervint et usa de son nom pour aider le vaurien
Elle s'offusqua et remit son capuchon pour partir au plus tôt
Mais pour ne plus la reconnaître, il eut fallu être bien sot ! »


A ces paroles, elle resta muette de stupeur et ne sut trop comment réagir. Elle aurait sans doute blêmit si celui qui s’était adressé ainsi à elle avait été un adulte ou un garçon plus âgé. Bien que ces paroles semblent à première vue avoir été lancé sur un ton parfaitement innocent, elle y décelait une certaine malveillance et un certain mépris. Quoi qu’il lui veule, ce jeune garçon était tout sauf animé des meilleurs intentions.

Alors qu’elle demeurait immobile et sans voix, réfléchissant à ce qu’elle pourrait bien dire ou faire si celui-ci menaçait de la dénoncer aux gardes ou s’il avait décidé de la faire chanter, et mesurant les conséquences, il la contourna, tournant autour d’elle comme un prédateur ayant enfin flairé sa proie, et lui fit de nouveau face. Le blondinet lui offrit alors un insolent sourire tout en la regardant de haut en bas, avec dans les yeux une lueur qui n’aurait pas du se trouver chez un enfant de cet âge. Marian n’était pas du tout du genre impressionnable, mais quelque chose chez ce jeune garçon la mettait bien à l’aise, aussi était-elle tendue et sur ses gardes, prête à réagir de manière spontanée.

Si celui-ci se montrait peu coopératif, elle avait déjà pris la décision de se jeter sur lui et de le bâillonner. Peu importe qu’elle n’ait pour l'instant rien sous la main pour le faire taire, elle trouverait bien un bout de corde ou un tissu et l’entraînerait alors dans une ruelle où elle pourrait le laisser attacher dans un endroit caché pendant quelques temps, le temps qu’elle retrouve Robin pour le prévenir de…

Elle s’arrêta soudain dans ses pensées, comprenant que quelque chose n’allait vraiment pas. Où avait-elle la tête ?! Ce n’était qu’un enfant ? Quels que soient les desseins de celui-ci, comment pouvait-elle un instant imaginer faire une telle chose ? C’était indigne de sa personne, et jamais elle n’avait agi comme cela ! Ce n'était pas ses méthodes ! Elle avait toujours été non violente, alors agir de la sorte avec un enfant...

Son attention se reporta de nouveau sur le visage du jeune garçon et à son sourire moqueur. Croisant ses bras sur son maigre torse, il demanda avec effronterie :

« Quelque chose à me dire Lady Marian ? »

« Qu’as-tu toi à me dire d’abord ? » demanda la jeune femme, bien décidé à jouer cartes sur table pour ne pas perdre de temps.

« Il me semble que tu ne sois toi non plus pas le genre de personne à rester inaperçu. » fit-elle remarquer. « D’abord ce jeune gardien d’oie… Es-tu de ceux qui semblent sans cesse à aller au-devant des ennuis, ou alors serait-ce les ennuis qui te trouvent malgré toi ?»

En attendant sa réponse – qui ne tarda pas à venir – Marian examina plus en détails l’enfant. Malgré ses cheveux blonds en bataille, son aspect négligé et la crasse sur son visage, il était plutôt charmant. A vrai dire, en y regardant mieux, nul doute qu’en prenant de l’âge il allait briser des cœurs. Cependant, son petit air d’ange était démenti par un sourire sardonique, presque cruel, et vraiment étrange sur le visage d’un enfant de cet âge… D’abord, il avait un esprit vif et semblait loin d’être un gamin stupide. Ce devait sûrement être une vraie petite peste, mais elle savait aussi combien ces enfants - même ceux qui semblaient les plus désagréables - pouvaient être aussi parfaitement adorables.

Tout n’était donc pas perdu d’avance, s’il cherchait à la dénoncer, elle pourrait toujours le convaincre du contraire. Après tout, si c’était un garçon intelligent, elle pourrait toujours tenter de le persuader. Ne s’était-elle pas toujours servi de son charme pour mettre les hommes de son côté ? Seul le shérif ne s’était jusqu’ici pas laissé abuser, sans compter les quelques gardes qui avaient eu l’impudence de lui demander un baiser en échange de la faveur qu’elle leur demandait. La plupart du temps, l’un de ses chevaliers servants était toujours arrivé au bon moment, que ce soit Robin, Guy ou son ami de passage, le comte allemand Friedrich. Mais elle ne comptait pas battre des cils à celui-là. Elle savait que cela ne suffirait pas. Marian devait d'abord lui montrer à qui il avait affaire. Elle avait aussi de la répartie et ce ne serait pas demain la veille qu'un gamin la mènerait par le bout du nez...

Les paroles du jeune garçon lui revinrent en mémoire… Son but était de passer cette porte inaperçue pour transmettre le plus rapidement possible les informations à Robin. Certes, le prince allait débarquer dans une semaine, mais c’était tout juste le temps qu’il fallait pour préparer le voyage jusqu’au port d’Harwich et repérer le fameux rejeton du Roi. Si Robin devait trouver un plan – ou même la moitié d’un plan – elle se devait de ne pas trop tarder. Elle maudissait en cet instant les incidents de cette journée qui semblaient vouloir s’enchaîner, déterminés à entraver la mission qu’elle s’était fixée.

Elle croisa les yeux bruns du blondinet, et maintint le regard avec une force intense, déterminée à ne montrer aucun fléchissement de sa volonté.
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MessageSujet: Re: The Doing Of All Good Deeds Jeu 8 Avr - 0:30



La voix n'était pas mélodieuse et c'était bien plus pour les vers qu'Alexian avait poussé la chansonnette. Ça ne lui arrivait pas souvent, hormis lorsqu'il se trouvait d'humeur taquine car il pouvait prétendre qu'il ne fallait pas « prendre cela au mot ». D'ailleurs, des mots, il n'en produirait qu'oralement car l'écriture n'était pas son fort. Sans doute des domaines dans lesquels cette dame devait exceller. Dans un sens, Alexian se serait presque senti gêné de son petit refrain mais le plaisir qu'il en tirait à ce moment-là surpassait toute culpabilité. Alors qu'elle demeurait immobile, le temps sembla se suspendre autour d'elle. Les bruits environnants s'étaient calmés et les odeurs qui avaient assailli les narines d'Alexian étaient portées par le vent dans une autre direction. Même les propos des gardes, qui gesticulaient en se parlant, donnaient l'impression de n'être que des sons muets. Juste le temps qui décidait de se reposer paisiblement tout en tournant son regard sur la belle dame.

Oui oui, Alexian était jeune mais en s'approchant, il ne manquait pas de noter un détail supplémentaire, puis un autre... Elle – Lady Marian – semblait un peu plus grande que sa mère et avait les hanches moins larges. Peter disait que son épouse avait un corps pour faire une sacrée marmaille et pourtant... Dieu avait sans doute trop de temps à tuer et pris d'ennui, il avait décidé de priver Elizabeth de sa destinée. Si celle de la belle dame n'était pas d'enfanter, quelle était-elle ? Il plissa les yeux et essaya d'apercevoir quelque bague sur ses doigts mais il avait le soleil dans le visage et il afficha une grimace tout en levant la main devant ses yeux.

Il avança davantage et pivota. Désormais, l'ombre de la dame lui épargnait d'être ébloui et il pouvait la considérer davantage. Il lui sourit pour appuyer son couplet et quand elle ne copia pas son attitude, il s'attendit presque à se prendre une gifle. Cela aurait été légitime, et elle se serait enfuie. D'ailleurs, le gamin ne comprit pas pourquoi elle n'agissait pas de la sorte et pencha légèrement la tête sur le côté pour voir ce qu'elle pouvait bien avoir de différent. En tout cas, elle ne manquait pas de caractère et son intervention l'avait quand même rendue impressionnante aux yeux du garçon. Mais la loi passait avant tout, et cette situation, il la trouvait quelque peu étrange tout de même...

Au pire, il pourrait... s'accrocher à sa jambe et dans la confusion, il la dénoncerait. Vu la surprise d'Holbrook sur le marché, la réaction serait la même et il pourrait de nouveau s'en aller à l'anglaise pendant que l'attention se portait sur l'identité de la femme qui croyait bon de défendre les petits voleurs... Oui, ça semblait une excellente alternative ; le gamin satisfait croisa les bras.

Alors qu'il tâchait d'interroger – de façon un peu hasardeuse – la dame, celle-ci ne perdit pas de temps pour lui répondre. Et pis, pourquoi elle lui posait cette question-là d'abord, elle lui appartenait et elle ne pouvait pas répondre à une question par une autre question ! Il fronça les sourcils et baissa deux secondes le regard vers ses pieds... histoire de chercher inspiration auprès de sa muse habituelle : le sol.

Il haussa des épaules et releva les yeux vers elle lorsqu'elle se mit à parler à nouveau. Son sourire s'était légèrement estompé et il tâcha de réfléchir à sa question. Il fallait avouer quand même que les soucis qu'il avait étaient tout de même mineurs, surtout parce que peu de personnes considéraient un gamin comme un problème important et que beaucoup avaient, en général, d'autres chats à fouetter. Il passa la main sur sa joue et haussa de nouveau des épaules. Apparemment, elle n'avait pas manqué de l'observer comme lui l'avait aussi regardée agir au marché.


« Mais je n'ai pas peur, Lady Marian, et j'aurais vite eu le dessus sur ce coquin. »

Il se redressa et se tourna, comme pour regarder le lieu où il avait failli prendre la raclée qu'il avait méritée. Bon... si elle avait assisté au différent, nul doute qu'elle ne croirait pas ses propos mais quand il s'agissait de mots, Alexian étaient plus habiles qu'avec les poings... Oui, confirmons-le, les mots étaient la meilleure arme que put posséder Alexian, et ils n'étaient pas encore une malédiction dans la mesure où ils ne lui avaient jamais causé de tort. Fort heureusement d'ailleurs, il n'aurait pas voulu s'excuser ou recevoir quelques coups de bâton pour un mot plus haut que le précédent...

Il recula légèrement pour reconsidérer la taille de la dame, notamment ceux de ses bras, et précisa qu'il ne cherchait jamais querelle et qu'il évitait habilement celles qui pouvaient se présenter à lui. Il passa légèrement un bout de langue hors de sa bouche alors qu'il réfléchissait pour bien tourner ses phrases et continua, avec un ton qui laissait supposer que la réponse était déjà connue :


« Seriez-vous source d'ennuis, ma dame ? »

Il posa les mains sur le pan de sa chemise et serra le tissu entre ses doigts parce qu'avec la répartie dont avait fait preuve la dame contre l'énorme Holbrook, nul doute qu'elle aurait aussi une réponse bien salée à lui sortir et il avait autant de chance d'avoir le dessus que de trouver une orange en se promenant dans le bourg... Il ne soutint pas son regard, de nouveau, elle avait des yeux inquisiteurs et il avait un peu l'illusion qu'elle sondait son âme – dont son père lui avait parfois dit qu'elle était aussi sale que ses mains – rien qu'en l'observant quelques secondes. Il se concentra sur le bout de tissu – jadis blanc, maintenant rendu gris par la poussière avec de nombreuses tâches au niveau des manches et sur les épaules, surtout – en le caressant du bout des doigts... Mais il était décidé à se glisser entre elle et la sortie si elle cherchait à s'en aller sans lui répondre.

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MessageSujet: Re: The Doing Of All Good Deeds Ven 9 Avr - 15:27


Comme s’il était vaguement concerné par ses paroles, il se passa négligemment une main sur la joue, plutôt sale, et haussa de nouveau des épaules. Fièrement, comme s’il cherchait à démontrer combien il était brave, il affirma qu’il n’avait pas eu peur et qu’il aurait vite eu le dessus dans sa confrontation avec le jeune garçon d’oies.

Ça j’ai bien du mal à le croire… pensa la jeune femme en laissant s’échapper un sourire amusée tandis qu’elle repensait à la scène en question et à la manière dont le petit garçon, peu rassuré, avait fuit l’altercation à la première ouverture qui s’était présenté à lui.

« Je ne cherche jamais querelles. Au contraire, je cherche à éviter habilement celles qui pourraient se présenter à moi… »

Marian le vit reculer légèrement, comme s’il cherchait juste à être hors de sa portée. Le gamin, intelligent, devait assurer ses arrières comprit-elle. Certes, malgré sa déclaration, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il cherchait bien au contraire les conflits. Elle devrait donc le convaincre qu’elle ne cherchai à lui faire aucun mal si elle voulait gagner sa confiance.

Un petit bout de langue rose dépassant de sa bouche indiquait qu'il était en pleine cogitation.

« Seriez-vous source d'ennuis, ma dame ? » lâcha-t-il enfin sur un ton qui laissait supposait qu'il ne s'agissait que d'une simple question rhétorique.

La jeune femme le vit triturant les pans crasseux de sa chemise, les yeux baissés, comme s’il cherchait à éviter de croiser de nouveau son regard. Elle devait peut-être l’impressionner du fait de sa taille, ou de sont statut, mais au vue de l’audace qu’avait eue celui-ci et à la manière dont il s’était adressé à elle, elle doutait que ce soit par malaise ou par timidité… Elle voyait presque les pensées défilant dans sa petite tête. Il ne semblait pas être du genre à lâcher l’affaire tant qu’il ne l’aurait pas mené là où il voulait la mener. Décidément, elle avait affaire à un petit garçon bien peu ordinaire…

Certes, la jeune femme s’y connaissait très peu en enfants, n’ayant eu ni frère ni sœur et n’en ayant pas elle-même. Mais elle en connaissait quelques uns, notamment Jess, la fille de son amie, Sarah, et il était rare qu’elle n’ait pas de l’affection pour eux. Les enfants n’étaient souvent que le reflet de l’éducation que leur avaient donné leurs parents, et elle doutait qu’il existe une cruauté naturelle chez certains d’entre eux. C’était surtout beaucoup d’ignorance, et d’influence… Au fond, ils étaient tous plus ou moins naïfs, influençables et impressionnables, ce qui faisait d’eux des matières assez malléables pour les adultes. Et le shérif n‘était pas le dernier à le savoir… Il avait déjà utilisé des enfants pour faire tomber Robin dans un piège qu’il avait savamment tendu, en faisant croire au hors-la-loi qu’il allait s’en prendre à eux. Grâce à son piège, il avait presque eu la victoire. Robin avait frôlé la mort, et Marian ayant cru à la disparition de ce dernier, avait été bouleversé.

Il fallait donc se méfier de cet enfant. Mais s’il pouvait avoir été influencé une fois, cela voulait dire qu’elle pourrait elle aussi réussir à la persuader. Le persuader de quoi d’ailleurs ? Elle devait d’bord savoir ce qu’il voulait réellement, le faire parler, sans risquer de l’effrayer ou de le brusquer.

« Non », répondit-elle avec douceur à son insolente question, « je cherche à les éviter quand ils se présentent, tout comme toi. »

Marian savait parfaitement que la réalité était tout autre. Elle prenait sans cesse des risques et allait au-devant du danger. Mais ce n’était pas pour le plaisir qu’elle le faisait bien entendu. C’est le choix qu’elle avait fait : protéger le peuple, protéger le roi, sauver l’Angleterre. Cependant elle ne lui avait pas tout à fait menti : elle ne prenait jamais de risques inconsidérés, à moins que cela en vaille vraiment la peine. Et la situation actuelle valait bien tous les périls auxquels elle se risquait.

Mais dans cette affaire, il n'y avait pas non plus que de la raison qui entrait en jeu, il y avait aussi le cœur, finit-elle par s'avouer avec une pointe de regret. Elle savait Robin très attaché à son Roi, sans doute même trop à certains égards..Le roi Richard était quand même le roi absent qui avait abandonné son peuple aux personnes les plus cruelles - même si c'était sans le savoir - et qui avait à peine vécu un an dans le pays qu'il était censé dirigé, ce qui en disait long sur son intérêt pour l'Angleterre...

La jeune femme s’accroupit lentement pour se placer à a hauteur du petit garçon blond.

« Alors, de quoi voulais-tu me parler ? » demanda-t-elle avec le sourire, sur le ton le plus innocent du monde. « Il ne me semble pas que je te connaisse. Tes parents travailleraient-ils au château ? »

Marian n’avait nullement envie d’entamer une conversation. Cependant elle devait mettre le jeune garçon en confiance et savoir une fois pour toutes ce qu’il attendait d’elle. S’il s’avérait qu’il savait qu’elle ne pouvait quitter le château et s’apprêtait à la dénoncer à la garde, elle devrait le convaincre du contraire. Puisqu’elle ne pouvait se permettre d’agir de manière violente sur le minuscule garçon comme elle l’aurait fait si un garde l’avait surprise, elle devrait se contenter de se force de charme et de persuasion…
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