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The War Hunt

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Robin de Locksley
▂ Master of the Bow ;


√ LOCALISATION : Sherwood
√ NOMBRE DE PRINTEMPS : 23

► WE ARE ROBIN HOOD ◄
● Age: 25 ans
● Titre: Hors-la-loi
● Inventaire:

MessageSujet: The War Hunt Mer 7 Avr - 19:32


... The War Hunt ...



" Life is peaceful. Living is dangerous. "


SHERWOOD FOREST
HIVER DEBUT 1194

Les deux jeunes gens qu’étaient Robin et Marian venaient juste de quitter le campement. Après un petit déjeuner assez court, Robin avait attrapé son arc et passé son carquois en bandoulière, puis ils étaient partis pour chasser, et de préférence rapporter quelque chose. Robin n’en doutait pas. Et puis, Marian était avec lui, donc elle pourrait en prendre de la graine. Elle n’était pas au campement depuis très longtemps, mais il fallait avouer que lorsque Robin y pensait, ils ne se quittaient pas souvent. Il n’était pas du genre à s’exprimer là-dessus, mais il aimait bien ces moments privilégiés qu’il partageait avec elle. C’était différent du temps où elle était au château et où il lui rendait visite, ou même alors qu’elle n’était qu’à Knighton. Ici, ils étaient plus complices, plus proches. Ils n’avaient pas à se cacher et à mentir sur leurs sentiments.

Depuis qu’elle était à Sherwood, Robin avait le sentiment de faire avancer les choses plus qu’auparavant. Il savait pourtant pertinemment que la présence de la Lady n’influençait pas ses actions, mais il se sentait mieux quand qu’il était près d’elle. Il était différent. Le monde était différent. Il lui semblait parfois qu’ils arrivaient simplement d’un regard à s’échapper du monde cruel et corrompu dans lequel ils vivaient. Oui, Marian avait ce don là. Réussir à lui faire presque oublier la décadence de l’Angleterre en ces années-là, en un simple regard. La plupart du temps, alors qu’il se surprenait à rêver d’une vie meilleure et plus normale, quelque chose le ramenait vite sur terre, et un profond sentiment l’envahissait : il devait faire quelque chose pour redresser la situation.

C’était pour cela qu’il se battait : tous ces moments avec Marian, tous les sourires magnifiques de la jeune femme, le souvenir ardent de ses lèvres sur les siennes... Il voulait croire à un avenir meilleur. En mettant une image sur sa pensée, un léger sourire étira ses lèvres alors qu’il continuait à marcher. Au début, Marian était partie devant, maintenant elle lui emboitait le pas. Ils ne s’étaient pas parlé, et Robin supposait qu’ils étaient tous deux absorbés par leurs pensées, si bien qu’aucun d’eux n’était réellement présent à cet instant. Le jeune homme leva les yeux. Le soleil était haut dans le ciel, mais ce dernier était gris. Robin se souvint alors de la prémonition de Jean qui avait dit qu’il neigerait bientôt. Ils feraient donc mieux de trouver de la nourriture et vite. Chasser pendant les temps froids et rudes de Sherwood n’était pas une bonne idée. Pas une idée du tout d’ailleurs.

Il regarda discrètement derrière lui pour voir si Marian le suivait. Elle était bien là, ses cheveux décrivant de magnifiques courbes acrobatiques au vent. Quelques minutes de marche suivirent dans un silence religieux, et puis tout à coup, Robin s’arrêta. Il posa ses mains sur ses hanches avant d’attendre que Marian arrive à ses côtés. Il lui fit, avec un air provocateur :

« Très bien. Vas-y, montre-moi ce que tu sais faire. »

Un demi-sourire qu’il tentait de faire taire parvenait des fois à son visage. Il lui laissait le choix. Aucune proie n’était en vue, du moins directement. Il voulait voir comment elle s’y prenait, et puis c’était surtout qu’il savait qu’il aurait l’occasion de la taquiner, ce qu’il aimait tant.

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Marian de Knighton
♣ Lady / Nightwatchman ♣


√ LOCALISATION : In the arms of Robin
√ NOMBRE DE PRINTEMPS : 26

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MessageSujet: Re: The War Hunt Ven 9 Avr - 13:48

Dans le ciel gris perle, annonciateur de la neige à venir, les rayons presque aveuglants du soleil matinal frappaient à présent les arbres de la forêt. Agitées par le vent, les branches nues, créaient de fines ombres mouvantes sur le sol couvert de feuilles de la forêt, donnant à ses habitants l’étrange impression que Sherwood elle-même était dotée du souffle de la vie.

En quittant le campement, Marian avait pris fièrement la tête, arc en bandoulière et flèches fermement serrées dans le poing, déterminée à montrer à Robin qu’elle n’allait pas lui passer si facilement que ça son précédent affront. Elle ne savait jamais lorsqu’il plaisantait ou non, s’il était sérieux ou s’il cherchait vraiment à la pousser à bout. Son arrogance avait parfois le don de lui taper sérieusement sur les nerfs. Mais à chaque fois, malgré toutes ses bonnes résolutions, elle n’arrivait pas à le lui en garder longtemps rancune. Croyait-il vraiment qu’elle ne savait pas se débrouiller à la chasse ? Ces derniers mois, n’avait-elle pas été celle qui, la plupart du temps, avait ramené du gibier au camp, permettant aux hors-la-loi – bien trop occupés à leur mission – de ne pas grignoter sur les réserves qu’ils destinaient aux pauvres ? Elle pensait avoir depuis bien longtemps fait ses preuves à ce sujet. Voilà pourtant qu’il remettait ses talents en question. Mais peut-être partait-elle un peu trop au quart de tour, admit-elle finalement.

D’habitude, elle accueillait la plupart des boutades du jeune homme avec le sourire ; dès lors qu’il s’attaquait à sa fierté cependant, il en était autrement. Elle voulait tant lui montrer que ce n’était pas parce qu’elle était une femme qu’elle n’était pas en mesure d’être aussi bonne que lui dans certains domaines. Après tout, pendant des années, elle avait été le Veilleur de Nuit, et ce bien avant qu’il ne rentre en Angleterre. Sans lui, elle s’était débrouillée, elle avait survécu, et avait même pris sous sa responsabilité d’autres personnes : son père vieux et malade sur lequel elle avait dut veiller et qu’elle avait tant bien que mal cherché à protéger des colères du shérif, les pauvres qui comptaient sur elle lorsqu’elle prenait l’identité du justicier masqué… Marian ne voulait pas que Robin la prenne pour une faible femme à protéger, elle voulait qu’il comprenne une fois pour toutes qu’elle était parfaitement capable de se défendre elle-même.

Mais était-elle bien capable défendre les autres en revanche ? Là était la question. Il lui semblait que lorsqu’ils avaient vraiment besoin d’elle, elle n’était jamais là au bon moment. Son père… Son père qu’elle avait tant aimé était mort seul. Parce qu’il avait voulu accomplir un dernier acte héroïque pour remonter dans l’estime de sa fille. Parce qu’elle l’avait poussé, et presque forcé, à agir. C’était de sa faute. Et lorsqu’il l’avait fait, lorsqu’il avait enfin trouvé le courage de s’échapper de sa prison, de tuer le geôlier et de récupérer le fameux Pacte de Nottingham, elle n’avait pas été là pour le défendre. Et on l’avait tué.

Même si cela faisait plusieurs mois depuis le tragique évènement, son deuil n’était pas tout à fait terminé. Elle s’en voulait encore de ne pas avoir été là… Elle n’avait pas été là, même lorsqu’il se mourait. C’était Robin qui avait recueilli son dernier soupir, qui lui avait tenu la main alors que sa vie lui échappait. Et elle, quelles avaient été ses dernières paroles ? Qu’elle avait honte de lui. Comment avait-elle pu dire une chose pareille ?! Son fier et respectable père qui s’était battu toutes ces années pour l’Angleterre. Lorsqu’il s’était enfin tue face au cruel nouveau shérif de Nottingham, cela avait été uniquement dans son intérêt. Parce qu’il cherchait à la protéger. Non parce qu’il s’était soucié de lui-même !

Oui, elle n’était pas toujours à l’endroit qu’il fallait, au bon moment. Elle se demandait encore si à présent qu’elle était à Sherwood, elle était encore en mesure de protéger ceux qu’elle aimait. Après tout, n’avait-elle pas été plus utile à Robin lorsqu’elle était au château ? Lorsqu’elle pouvait le prévenir des plans du shérif et lui permettre de devancer celui-ci pour protéger le peuple et l’Angleterre.

Perdue dans ses pensées, elle n’avait pas remarqué qu’elle avait considérablement ralenti. Elle se trouvait à présent derrière Robin, qui n’avait lui aussi pas prononcé un mot depuis qu’ils avaient quitté le camp. Elle trottina pour parvenir de nouveau à sa hauteur et lui emboîter le pas.

Un vent froid se leva, agitant les cimes des arbres, faisant voler les cheveux de la jeune femme et lui rosissant les joues. Même si elle avait du rapidement s’habituer au froid, elle ne pouvait s’empêcher de sentir l’engourdissement de ses doigts et de ses oreilles gelés, et regretta soudain de ne pas avoir mis ses gants et rajouté une écharpe à sa tenue. Elle avait envie de souffler dans ses mains pour trouver un peu de chaleur, mais un coup d’œil à Robin, bien moins couvert qu’elle et semblant si peu importuné par le froid l’en dissuada.

Soudain, Robin s’arrêta. Les mains sur les hanches, il prit l’air provocateur qu’il semblait tant affectionner avec elle, et elle ne put s’empêcher de laisser s’échapper un soupir d’agacement.

« Très bien. Vas-y, montre-moi ce que tu sais faire. »

La jeune femme n’avait pas envie d’entamer une dispute avec lui pour cette fois. Aussi préféra-t-elle ne rien dire et faire comme si elle n’avait pas relevé. Il la cherchait, et bien certes, il la trouverait. Elle allait l’épater, lui montrait ce dont elle était capable, l’impressionner, et ensuite, ce serait à lui de présenter ces excuses pour l’avoir autant sous-estimé…

Après s’être accroupie en silence et sondé le sol de la forêt, Marian ne manqua pas, au bout d’un moment de tomber sur des traces fraîches. Un crie de joie résonnait dans sa tête. Les choses lui semblaient grandement facilitées aujourd’hui, elle n’avait pas à chercher pendant des heures et cela lui redonna de l’entrain. Les traces, presque aussi longue que la largeur de la paume de sa main indiquait qu’il s’agissait d’un gros animal. En réalité, il s’agissait du plus gros qu’elle puisse trouver dans cette forêt : un cerf. Deux fois plus lourd que la biche, les sabots du cerf comportaient des doigts latéraux, réduits et surélevés, ne s'imprimaient que sur terrain très mou et en arrière des doigts médians. Par chance, elle avait put repérer ses empreintes, à peine visibles sur le sol durci parle froid de la forêt malgré le poids de l’animal, et ce, là où seul un œil aguerri aurait pu les remarquer. Triomphant intérieurement, elle se calma cependant, n’oubliant pas qu’il ne fallait pas vendre la peau de l’ours – ou du cerf – avant de l’avoir tué. Elle se souvint alors des leçons si profitables de Robin. L’animal devait être jeune, mais ce devait être une belle bête tout de même. Il devait avoir environ deux ans car à ce qu’elle put relever, la patte arrière s'imprimait sur celle de l’avant, et c’était vers deux ans que les deux empreintes se touchaient, la souplesse de l’animal diminuant à mesure qu’il vieillissait. Si cela avait été un vieux cerf, la patte arrière aurait été marqué très en arrière de la patte avant. C’était son jour de chance ! Si elle parvenait à la traquer correctement, la bête pourrait les nourrir pendant des semaines !

Ne perdant pas de temps, elle suivit la piste au pas de course, même si celle-ci disparaissait la plupart du temps et qu’elle devait faire de brèves haltes pour recueillir de nouveaux indices. Être dans la tête de l’animal… C’est ce que lui avait enseigné Robin. Soit, elle serait donc une biche. Avec des déplacements légers et fluides, elle savait se fondre dans le paysage. Ses années d’entraînement et de pratique en tant que Veilleur de Nuit lui avaient été grandement profitables. Même si bien évidemment, elle n’aurait pu distancer aucun animal, elle était néanmoins rapide et endurante, ce qui avait toujours été à son avantage à la chasse. Peut-être même davantage que le jeune homme qui suivait derrière elle constata-t-elle avec un sourire. Le talentueux et légendaire Robin Hood ne pouvait pas non plus être le meilleur partout… Cette pensée lui tira un sourire. Bientôt, ce serait elle qui lui donnerait une leçon…

Brusquement, elle stoppa sa course. A quelques pas devant elle, elle avait repéré quelque chose qui l’intéressait fortement… Non, elle n’arrivait pas à le croire. Cela aurait été trop beau pour être vrai. Et pourtant, c’était lui, elle en était certaine désormais. Cette petite tache de couleur claire en force de V sur le flanc gauche. Aujourd’hui semblait vraiment être son jour de chance finalement.

Elle se tapit derrière des buissons, silencieusement, n’accordant pas une parole ou un regard à Robin, fortement concentrée sur sa proie. Le lièvre, car c’était lui, SON lièvre, grignotait consciencieusement une touffe d’herbe avec l’air le plus paisible du monde, n’ayant pas remarqué le prédateur qui, à une dizaine de pas, de lui était prêt à lui faire la peau.

Sans prendre le temps de donner une explication au hors-la-loi sur la raison qui l’avait forcé à stopper pour se fixer sur cette faible proie, Marian prépara ses armes. Encochant une flèche à son arc, elle sentit bientôt l’empêne lui frôler le visage. Les muscles de ses bras tendus, elle allait laisser partir le trait orienté vers le flanc de l’animal lorsque soudain, elle sentit que quelque chose lui taquinait les côtes. Elle n’y aurait pas accordé plus d’importance si juste après, un frôlement au niveau du cou et la chaleur d’un baiser n’étaient pas venus s’y ajouter.

« Quelles que soient les circonstances… » lui souffla-il dans l’oreille, lui rappelant ainsi un précieux souvenir, des années auparavant.

N’étant pas préparée à ça, elle dévia légèrement son tir et manqua sa cible. Dépitée, elle s’apprêtait à encocher une nouvelle flèche alors que le lièvre avait commencé à détaler d’un bond, mais Robin fut le plus rapide. Elle vit à peine la flèche partir et ne se rendit pleinement compte de la situation que lorsqu’elle vit l’animal projeté et retomber sur le sol, un trait muni d’un empêne bicolore dépassant de sa fourrure.

« Robin ! » s’exclama-t-elle, furieuse en le poussant violemment.

Il lui avait volé sa proie ! SA proie ! Il ne lui avait même pas laissé l’occasion de se venger sur le sournois animal qu’il l’avait fait tourner en bourrique plus tôt dans la matinée. Elle avait tellement jubilé à l’idée de faire payer à l’animal l’humiliation du début de cette journée…

« Tu n’avais pas le droit de faire ça !! »


Dernière édition par Marian de Knighton le Dim 11 Avr - 3:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The War Hunt Sam 10 Avr - 20:07




Robin pouvait presque sentir la vague d’ambition qui émanait de la jeune femme. Elle semblait vibrer d’une animation confiante, et Robin se doutait qu’elle ferait de son possible pour l’épater. Un léger sourire persista sur ses traits tandis que la jeune femme scrutait déjà la forêt. Elle se déplaça de quelques pas, s’accroupit et elle repéra facilement quelques traces fraiches. Robin sentit une vague de fierté monter en lui, tandis qu’il se souvenait des nombreux conseils qu’il lui donnait, alors qu’ils étaient plus jeunes. Elle semblait en avoir appris, et pas qu’un seul. En revanche, s’il y avait bien quelque chose sur lequel Robin ne pouvait rien dire était la façon qu’elle avait de se fondre dans le décor. Elle y arrivait parfaitement, et s’il était moins fier, il lui aurait probablement dit qu’elle le surpassait sur ce point-là.

Les empreintes qu’elle trouva étaient suffisamment propres pour que Robin (et Marian probablement aussi) reconnaisse l’animal : il s’agissait d’un cerf. Le cœur du hors-la-loi se gonfla à la pensée de toute la viande qui entourait l’animal : avec ça, ils auraient à manger pendant des semaines entières, ce qui signifiait une part plus importante de nourriture donnée aux pauvres. Tandis qu’elle suivait les traces, attentive, fluide et gracieuse, Robin la suivait, restant quelques pas en retrait, silencieux et aux aguets. Tout à coup, elle se stoppa, et Robin fit de même avant de froncer les sourcils. Ne la voyant pas bouger, il se demanda ce qu’il se passait. Et puis, elle finit par encocher une flèche et ramener l’empêne près de sa joue.

Robin admira sa stature. Son regard, du moins l’œil qu’il voyait, brillait d’une détermination féroce et d’une concentration infinie qui lui inspira un respect silencieux. Elle se tenait là devant lui, droite, fière… et magnifique. Robin s’approcha d’elle à pas furtifs, abaissant le son de sa respiration quasiment à néant. Elle était si absorbée par l’animal à qui elle faisait face que finalement, il aurait pu arriver en courant, elle ne l’aurait pas entendu. Il se glissa donc à sa hauteur, avant d’amener ses lèvres contre son cou, d’y déposer un baiser, et de lui susurrer des paroles qui évoquèrent des souvenirs anciens aux deux chasseurs.

« Quelles que soient les circonstances… »

Cette phrase, ça n’était pas la première fois qu’il l’avait prononcée. Il se souvenait clairement de ce moment, lorsqu’ils étaient jeunes, bien avant son départ à la guerre. Ce souvenir était marqué au fer blanc dans sa mémoire, indélébile et indispensable. Il lui apprenait alors à tirer, et il se souvint surtout qu’il aimait la perturber et qu’il lui répétait sans cesse qu’elle devait être capable de tirer une flèche, et ce, dans n’importe quelle circonstance… Il se souvenait aussi qu’elle s’amusait beaucoup à le déstabiliser lui aussi lorsque c’était à son tour de tirer. Il ne faisait que lui rendre la pareille… Robin, rancunier ?

La jeune femme manqua sa cible, et Robin n’hésita pas. N’obéissant qu’à son instinct, sans réfléchir aux conséquences, il attrapa son arc, et encocha sa flèche. Une seconde lui suffit pour avoir sa cible en ligne de mire, ses yeux se firent durs, et il décocha sa flèche. Il leur fallait bien à manger, alors laisser échapper ce lièvre était hors de question. La flèche toucha l’animal de plein fouet, et il tomba lourdement sur le sol, bientôt inerte. Avec un sourire de satisfaction très mal dissimulé et un frisson lui parcourant l’échine, Robin abaissa son arc… avant de se faire bousculer par Marian, visiblement furax. Elle le réprimanda sévèrement en lui disant qu’il n’avait pas le droit de faire ça. Robin haussa les sourcils avec un air de triomphe juvénile. Il leva les bras comme pour clamer son innocence dans cette histoire avant de lui répondre :

« Faire quoi ? Ramener des vivres pour la bande ? Tu l’as raté, je devais faire quelque chose ! »

« Tu sais bien de quoi je parles ! »

Voyant que sa phrase n’avait pas eu l’effet escompté, à savoir la faire sourire, Robin reprit son sérieux. Elle semblait vraiment en colère cette fois. Et pourtant, il n’avait rien fait de grave, si ? Il s’approcha d’elle, mais il vit qu’elle évitait son regard, visiblement énervée :

« Ca n’est qu’un lièvre, Marian ! Tu ne peux pas m’en vouloir de l’avoir tué à ta place… »

*De t’avoir doublée…* pensa-t-il très fort. C’était peut-être parce qu’elle le connaissait si bien qu’elle lui envoya un regard noir chargé d’éclairs, et Robin fut presque tenté d’esquisser un pas en arrière. Il se demandait ce qui pouvait bien la déranger autant dans le simple fait d’avoir tué un lièvre. Il décida d’essayer de la calmer, et il fit un pas vers elle, les yeux pétillants :

« Tu tueras le prochain que l’on croise, c’est promis. »

Marian dut avoir l’impression qu’il promettait quelque chose comme s’il parlait à un enfant, et évidemment elle n’apprécia pas. Ce qui n’améliora pas le cas de Robin. Il reprit très vite, l’air interrogateur, changeant de sujet :

« Alors quoi… Ce lièvre était-il donc si important pour toi ? »

Il ne voyait pas bien en quoi un lièvre pouvait bouleverser Marian autant. A moins qu’il y ait un historique entre eux dont Robin n’avait pas entendu parler… Il soupira. Le hors-la-loi aurait bien croisé les bras, mais il aurait alors eu l’air détendu et arrogant, et ça aurait sans doute fait redoubler la colère de la jeune femme.


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Marian de Knighton
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MessageSujet: Re: The War Hunt Mer 14 Avr - 0:54



« Alors quoi… Ce lièvre était-il donc si important pour toi ? »

Marian ne l’avait écouté qu’à moitié, toute à sa colère et à sa frustration, mais cette dernière question résonna pourtant dans sa tête et elle se sentit soudain un peu honteuse. Elle avait vraiment réagi comme une gamine. Cette façon de se comporter ne lui ressemblait pas, elle était tout à fait immature. Robin avait raison, il ne s’agissait que d’un animal après tout. Et depuis quand se réjouissait-elle de tuer des animaux ?

La jeune femme ne tuait en effet que par nécessité, parce qu’il fallait bien remplir les ventres et les assiettes. Elle avait toujours montré un grand respect pour ses proies, faisant en sorte de toujours prélever sur celles-ci le maximum. Les peaux pouvaient être utilisées et troquées, et même les os pouvaient servir parfois.

« Huh » , fit-elle avec un sourire gêné et en détournant tournant la tête pour éviter le regard scrutateur et amusé de Robin.

« Cet animal… non, ce petit démon… » commença-t-elle avant de stopper net en voyant que le sourire de Robin s’était élargi.

« Quoi ?! » fit-elle en levant les sourcils.

Maian vit le regard du jeune homme passer d’elle au lièvre, puis du lièvre à elle. Il sourit de nouveau et fut prit d’un léger rire tout en secouant la tête.

« Oui, c’est lui, j’en suis certaine. » lui assura-t-elle, ayant compris qu’elle n’avait pas besoin de lui offrir plus d’explications car il avait à présent deviné de quoi il s’agissait.

« Et tu comptais avoir ta revanche ? » demanda-t-il en ne se départant pas de son sourire moqueur.

Marian ne répondit pas à cette question un peu trop pertinent à son goût, mais lui lança par contre de nouveau un regard noir accusateur. Détournant la tête comme si elle souhaitait ignorer superbement le jeune homme qui se moquait à présent ouvertement d’elle, elle dévala la pente pour aller ramasser l’animal. Regrettant à présent de ne pas avoir pris de sac, elle commença par retirer la flèche du flanc de l’animal pour la rendre à Robin.

« Et bien tiens ! » fit-elle en lui tendant l’animal qu’elle avait saisi par les pattes de derrière. « C’est ton trophée de chasse après tout… »

« Je te laisserais t’engorger de nouveau sur cette magnifique prise lorsque l’on sera au camp. Pour ma part, je compte toujours ramener ce magnifique cerf si tu n’y vois pas d’inconvénient. » conclut-elle avec un sourire, comme si elle le mettait au défi.

Elle n’attendit même pas qu’il ait fini d’attacher le lièvre à sa ceinture pour rester libre de ses mouvements, et repris la traque là où elle l’avait laissé. Après quelques instants à chercher aux alentours, elle repéra de nouvelles traces, et avec un brin de soulagement, repris sa course.

____________________________

Là. Derrière les aulnes, au fond de la combe qui formait une clairière en vasque et dans laquelle sillonnait un petit ruisseau aux eaux claires. Le cerf s'était arrêté pour boire.

La chasseuse tapit dans les broussailles se savait encore loin. Peut-être même trop loin l’aurait jugé certains, pour atteindre sa cible. De plus, si elle ne voulait pas avoir à traquer de nouveau l’animal et ce pendant des heures, elle se devait de réussir en un seul coup. Un coup mortel. Et elle savait combien cet animal avait le cuir dur et de ce fait difficile à transpercer d’une flèche. Et c’était sans compter la grandeur et les puissants muscles de celui-ci. Elle devrait toucher directement le bon endroit, les parties vitales : le cœur.

Marian visa donc avec d’autant plus de précaution et de concentration, bien que le geste lui paru naturel. Du fait de la distance qui la séparait de l’animal, son trait perdrait de sa force. Elle devait donc en mettre suffisamment au début, en tendant au maximum son arc et surtout, en visant brillamment.

Elle aurait pu tenter de se rapprocher pour faciliter son tir, mais c’était sans compter son orgueil et la volonté de montrer à Robin ce dont elle était vraiment capable. Le coup était plus qu’audacieux. Bien peu s’y serait risqué. Robin bien entendu, incroyablement confiant dans ses talents d’archer, n’aurait pas hésité. Mais la majorité des bons archers auraient sans doute préféré ne pas se mettre autant de contraintes et de difficulté, au risque de rater leur proie.

Si Robin reconnaissait tout à fait ses talents d’archer après l’avoir vu tirer plusieurs fois en temps que Veilleur de Nuit ou lorsqu’elle était dans la forêt, elle avait envie qu’il admette qu’elle était même très bonne dans cette discipline – bien qu’elle n’aurait jamais eu l’orgueil de prétendre un jour pouvoir l’égaler, cela allait de soi. Elle en avait assez de cette suffisance à son égard : elle n’avait pas besoin qu’il cherche sans cesse à lui donner des leçons.

Le froid transformait chacune de ses expirations en un nuage de vapeur et elle pouvait parfaitement sentir la présence et la chaleur de Robin à ses côtés, immobile, bien qu’elle n’ait pas tourné la tête de son côté. Son bras ne tremblait pas et son regard traversait l’espace avec une force sidérante, comme la flèche qui s’apprêtait à suivre le même chemin. Sa confiance en elle en cet instant-là et sa connaissance de ses propres capacités lui faisaient dire qu'elle ne raterait pas sa proie. Elle allait appeler sa cible, comme Robin lui avait montré quelques années plus tôt. Et sa cible appellerait sa flèche à elle.

Le cerf leva la tête. De l'eau gouttait de son museau. Marian l'observa humer l'air et gonfler la pâle fourrure qui couvrait sa croupe. Il allait s'enfuir. La jeune fille lâcha son trait. La flèche fila se planter dans les côtes du cerf, juste derrière l'encolure. L'animal eut un frisson plein de grâce, releva un instant la tête dans un râle muet, fléchit les genoux et s'effondra sur le sol.

Marian sortit lentement des fourrés, Robin sur ses talons. Elle atteignit le cerf. L'animal respirait encore, mais la fin était proche. Elle s'agenouilla près de lui et déposa les flèches qu’elle tenait en main le long de son flanc. Elle étendit ensuite la main vers l'animal pour flatter sa joue rugueuse et couverte de sueur. Le cerf ne bougea pas au contact de sa paume.

« Repose en paix » chuchota-t-elle d'une voix douce.

Elle regarda l'ombre de la mort envahir les grands yeux noirs. Elle se sentait reconnaissante envers la bête. Un brin de tristesse l’envahit cependant en cet instant.

Marian ne voulait pas trop faire dans le sentimentalisme. Ils avaient besoin de cette viande et c’est ainsi qu’allait la nature et le monde. Les humains étaient des prédateurs et pour se nourrir, ils ne pouvaient se contenter de fruits et d’eau. Elle le savait parfaitement et elle n’avait pas l’intention de vouloir changer les choses à ce niveau. Mais mettre fin à la vie d’un être si noble. Un être libre… Elle ne pouvait pas non plus s’en réjouir.

« C’est ton trophée de chasse… » commença Robin en employant le même ton qu’elle avait employé quelques instants plus tôt, « et j’avoue que je suis curieux de voir comment tu vas t’en sortir pour ramener au camp un aussi beau morceau » la taquina-t-il.

Marian le foudroya bien entendu du regard, mais celui-ci avait perdu de sa force étant donné que malgré sa tristesse passagère, elle rayonnait de fierté et de satisfaction. Elle avait effectué un tir brillant, vraiment brillant. Et la tentative avait été plus qu’osée puisque dans le cas où elle aurait raté son coup, elle aurait du une fois de plus endurer les moqueries du jeune homme.

Ne souhaitant pas perdre de temps, elle sortit son couteau de chasse glissé dans sa ceinture, prête à commencer par retirer une partie de ce dont ils n’auraient pas besoin sur l’animal : les bois, les sabots… Il ne servait à rien qu’ils alourdissent leur charge car la grotte ne devait pas être si près que ça de l’endroit où ils trouvaient à présent. Ils auraient sans doute un bout de chemin à faire et la bête devait bien peser dans les cent kilos. Le tenant fermement en main, elle se retourna vers Robin en souriant, mais très vite, l’air joyeux qui illuminait son visage s’effaça pour laisser place à une expression anxieuse.

« Robin… » fit-elle d’un ton détaché tout en regardant derrière lui, juste au-dessus de son épaule.

Le sourire du hors-la-loi s’effaça lui aussi lorsqu’il vit la calme froideur dans les yeux de la jeune femme. Il se retourna lentement.

En face d’eux, en haut, sur les bords de la combe se trouvait des hommes. Ils étaient trois. Les casques empêchaient de voir leurs visages, mais les muscles qui saillaient sous les manteaux n'auguraient rien de bon. D’après leur uniforme, il s’agissait des hommes du shérif, ce qui ne faisait que confirmer cette impression : ils se trouvaient dans une situation plutôt préoccupante…

« Ne faites plus un geste ou vous êtes morts. » les prévint ce qui semblait être le capitaine d’une voix grave et autoritaire, alors qu’il voyait Robin prêt à sortir une flèche de son carquois et la main de Marian se serrer davantage sur le manche de son couteau de chasse.

Marian tourna la tête quand trois autres colosses, moins grands que le premier soldat mais plus que Robin, sortirent des broussailles. Aussi costauds que leurs compagnons, leurs manteaux ouverts dévoilaient des bandoulières et des ceinturons lestés d'armes... Visiblement, ils faisaient partis de la même escouade. Menaçants, les hommes qui les avaient piégés avaient tous pointés leurs arbalètes sur les deux jeunes gens.

A présent, en haut de la ravine dans laquelle ils se trouvaient, six hommes les entouraient. Ils étaient encerclés. En principe, ça n'était pas un problème pour le hors-la-loi qui connaissait la forêt mieux que sa poche et aurait pu leur ouvrir un passage pour s’enfuir et disparaître dans Sherwood.

« Comme vous pouvez le constater, vous êtes encerclés. Jetez vos armes. Devant vous. »

Robin et Marian ne semblant avoir visiblement pas d’autre choix, s’exécutèrent.

« C’est bien. Sage décision… Mains en l’air à présent. Et en évidence ! »

Pendant que les soldats dévalaient, la pente pour aller à leur encontre, leurs armes toujours pointées sur eux, le cerveau de Marian fonctionnait à toute vitesse pour essayer de trouver une échappatoire. Elle constata rapidement qu'il n'y en avait aucune. Ils étaient bel et bien coincés et à la merci des soldats.

« C’est notre jour de chance, n’est-ce pas Matt ? » poursuivit le capitaine sur un ton moqueur.

« Oui, en effet chef. » , répondit le deuxième homme avec une capuche qui semblait visiblement être le second.

« Les gars, voyez un peu qui nous avons là… Le fameux hors-la-loi. Robin Hood en personne ! » s’exclama-t-il avec un sourire et un regard chargés de mépris.

« Capturé dans son propre domaine. Sherwood. Cela doit être un sacré coup dans ton orgueil personnel, n’est-ce pas, Hood ? »

« Oh, ne vous inquiétez pas pour mon orgueil. Il se réparera à l’instant où vous retournerez pleurer auprès de Gisborne. »

« Continue à faire le malin et on aura vraiment une raison de te tuer sur place, toi et... »


« Mais qui avons-nous là ?... Une bien jeune et belle demoiselle… Attendez… Ce visage ne m’est pas inconnu. Ne serait-ce pas... »

Marian lâcha un soupir, profondément agacée.

« Mais si. Bien sûr… Lady Marian. »

« Très perspicace! Mais si j’étais vous, je ferais attention avec elle… »

Dans ses cheveux blonds coupés court - une brosse militaire -, une mèche noire courait jusque sur sa nuque. Ses yeux froids et son sourire auraient pétrifié n’importe qui, mais l’intrépide jeune femme soutint son regard, comme si elle n’était nullement impressionnée.

« Capitaine Fergal » souffla Marian avec un mépris non dissimulé, en direction de l’homme qu’elle avait tout de suite reconnu.

Fergal était un des hommes les plus loyaux du shérif. Une brute de la pire espèce pour laquelle elle n’avait aucun respect. Pire même que Gisborne à qui il arrivait au moins de faire preuve de compassion de temps en temps. Il ne semblait avoir aucune ambition : le pouvoir et la fortune ne semblaient pas l’intéresse nullement, de même qu’un statut plus important dans la hiérarchie militaire. Il lui semblait au contraire que son poste lui accordait tout ce qu’il souhaitait : la possibilité de faire souffrir les autres et ce en toute impunité.

« Quel plaisir de vous revoir ma lady ! Et quelle surprise ! Ne devriez-vous pas porter le voile à l’heure qu’il est. Et moi qui pensiez-vous que vous étiez enfin devenue une sainte, priant pour notre salut à tous. Il semblerait que vous ne soyez pas si sainte que cela après tout… Frayer avec de la mauvaise graine telle que Hood... »

La jeune femme ne prit même pas la peine de répondre à l’affront lancé contre elle. Elle n’allait pas user de sa salive pour répondre à des remarques aussi basses et se plaça au-dessus de ça, ignorant l’insulte.

« Pas si surprenant que ça cependant, n’est-ce pas jolie dame ? » déclara-t-il, en souriant, comme s’il s’agissait d’une évidence, et en la détaillant de la tête aux pieds. C’était surtout cette dernière question qui préoccupa la jeune femme : se pouvait-il réellement que depuis tout ce temps, du moins depuis qu’elle était à Sherwood, le shérif sache en réalité où elle se trouvait ?

Robin avait eu répliqué e temps de répliquer avec quelques remarques cuisantes mais elle espérait surtout qu’il soit déjà en train d’élaborer le plan qui leur permettrait de sortir de façon miraculeuse de ce mauvais pas.

« Eh bien. C’est le shérif qui va être ravis. Au lieu d’un traître, il aura deux traîtres à exécuter aujourd’hui. »

« Je m'attendais à dire que pour un cerf du Roi, le prix est votre main droite, mais je vois que nous n'avons pas affaire à de simples braconniers. Heureuse coïncidence... Le prix à payer pour vous ne sera rien de moins que la corde, mais j'imagine que le shérif aimera un peu s'amuser avec vous avant de passer à l'exécution rêvée... »

Habituellement, le capitaine Fergal et ses hommes étaient ceux qui avaient pris l’habitude de mener les représailles armées contre les villageois et autres violentes missions qui ne requéraient autant de la force que de la dissuasion. Pourtant, la jeune femme ne se souvint pas d’avoir vu ce type de brigade parmi les hommes du shérif, bien qu’ils en portent bien le blason. Leurs capes de forestiers auraient pu les faire passer pour des simples gardes-chasses, mais les tenues cloutées qu’elle pouvait apercevoir sous celles-ci montraient qu’il ne s’agissait pas que de forestiers mais bien de féroces guerriers, sans doute recrutés dans un but précis : mais lequel ?

Pour l’instant, ce n’était pas tellement cette dernière question qui résonnait dans la tête de Marian, mais plutôt comment ils allaient s’en sortir. S’ils réussissaient à les capturer et à les amener au château de Nottingham, nul doute que le shérif ne perdrait pas se temps pour les pendre, tous les deux. Leurs amis les croyaient partis à la chasse et ne s’inquièteraient pas tout de suite d’une absence plus longue que prévue. Ils arriveraient donc trop tard pour les sauver. Etait-ce vraiment ainsi que tout allait se finir ?

Allaient-ils laisser si facilement la victoire au shérif ? La réponse était bien évidement non. Ils allaient s’en sortir, comme à chaque fois. Oui, bien sûr qu’ils allaient s’en sortir. Après tout, Robin d’avoir un plan. Mais elle ne ferait pas la difficile, au vue de la situation, même la moitié d’un plan aurait pu convenir…

Marian bouillait à présent de la rage d’en découdre. Elle tourna la tête vers Robin et vit qu’il cherchait son regard. Leurs yeux bleus se rencontrèrent avec une force muette. Sans qu'elle abdiquât pour autant sa fierté, elle lui lança un appel au secours.

« Je t’abandonnerai pas... » souffla-t-il, penché vers elle.

Soulagée, elle eut un bref hochement de tête et lui posa une main sur l'avant-bras. Toujours accroupie, elle sentit que Robin lui glissait quelque chose dans la main. Le bout d’une corde ? Elle comprit alors en un éclair et lança un discret regard entendu à celui-ci alors que les hommes étaient désormais presque arrivés à leur rencontre.

Robin se tourna vers le capitaine et son second, les deux seuls qui portaient des capuches à la place des casques des autres soldats. Ils rabattirent lentement celles-ci, dévoilant ainsi leurs cous de taureau et des traits taillés à la serpe.

« Si j’avais su que capturer le légendaire Robin Hood serait si simple, un jeu d’enfant presque… » poursuivit le chef, ses yeux brillant d’arrogance.

« Hum. Autant de facilité… J’avoue que je suis un peu déçu. »

A présent, certains de maîtriser la situation, ils avaient baissé leurs arbalètes et rengainé leurs armes. Leur confiance irrita Marian et leurs sourires la firent sortir de ses gonds. Avec la lumière de cette fin de matinée, ces six paires d'yeux brillaient à lui en transpercer l'âme.

« D’autant que nous récoltons en plus de ça un joli cadeau par-dessus le marché…» dit-il avec une voix adoucie, douceur hypocrite détrompée par la lubricité qui brillait désormais dans ses yeux d’un gris perçant, qui se posaient sur la jeune femme, la déshabillant du regard.

« La belle Marian qui ne manquera pas de… » commença-t-il en approchant sa main pour lui caresser la joue.

Mais la jeune lady devenue désormais officiellement hors-la-loi fut plus rapide et lui envoya un coup de poing au visage, avec une force phénoménale qui déstabilisa un instant le colosse, le forçant à se plier en deux sous la douleur.

« Je vous avais prévenu qu’elle était dangereuse. » lança Robin en éclatant de rire, un sourire rayonnant comme s’ignorait la gravité de la situation dans laquelle il se trouvait.

Mais Marian le connaissait bien et elle ne doutait pas un instant qu’il soit aussi concerné qu’elle par la situation. C’était seulement sa manière à lui de déstabiliser l’ennemi tout en ayant un peu de « fun ».

« J’espère que cela ne vous dérange pas si je préfère être dispensée de votre compagnie. cracha Marian, ignorant la douleur qui irradiait désormais son poing droit jusque dans le poignet.

« Je crains d’ailleurs que nous nous en allions. Et n’oubliez pas de saluer le shérif de notre part » , déclara-t-elle avec une assurance qu’elle espérait bien imitée, se tenant à présent en position de combat.

« Terrassé par une Lady… Ça doit être un sacré coup dans ton orgueil personnel, n’est-ce pas, Fergal ? » renchérit insolemment Robin, un grand sourire s’étirant sur son visage.

Marian se sentit elle aussi sourire. Mais c’était un sourire sans joie, uniquement motivé par la colère qu’elle ressentait et le défi, l’envie de blesser encore davantage dans son orgueil cet homme méprisable qui lui faisait face.

« Pas aujourd'hui... » fit le chef en dégainant sa longue et lourde épée après avoir négligemment essuyé le sang qui perlait sur ses lèvres.

Son second tira une épée courte du fourreau fixé à sa ceinture. Avec un sourire de dément, il la passa au creux de son avant-bras, faisant couler le sang. Derrière elle, Marian entendit le crissement de l'acier contre du cuir. Tous les hommes avaient sorti leurs armes. Les hostilités étaient lancées.

Un instant, personne ne bougea. Puis les six hommes poussèrent le cri de guerre des soldats prêts à mourir au combat et chargèrent. Les deux premiers hommes qui lancèrent la charge s’entravèrent soudain sur la corde que tendirent Robin et Marian avant de la lâcher, ayant déjà mis hors combat un tiers de l’effectif de leurs assaillants, du moins pour quelques instants.

Épée courte brandie à deux mains, le compagnon du chef fonça sur Robin. Un troisième agresseur tenta de ceinturer la jeune femme... Mais c’était sans compter les incroyables talents d’acrobate de celle-ci qui, après s’être dégagée de son chemin par un léger pas de côté, effectua une roue et propulsa ses deux pieds dans la poitrine de ce dernier.

Marian comprit que ce ne serait pas sans arme qu’elle pourrait le mieux se défendre contre les trois hommes qui lui faisaient à présent face et se saisit de l’épée qu’avait laissé tomber le soldat qu’elle venait de blesser. Le regard déterminé et la main sûre, la jeune femme commença à croiser le fer avec le premier homme qui l’attaquait.

Robin semblait entraîné dans un danse meurtrière, ayant également récupéré l’arme d’un soldat qu’il avait assommé, du coin de l’œil elle le vit même plonger son arme à travers le corps d’un de ses assaillants. Elle ne l’avait jamais vu dans un tel état. Il ne tuait qu’en cas d’extrême nécessité. Et jusqu’à présent, la dernière fois qu’elle avait vu tuer des soldats, c’était il y a plusieurs mois, lorsque les hommes du shérif s’en étaient pris aux habitants de Clun. Tout comme elle, il semblait prêt à se battre jusqu’au bout, et quoi qu’il en coûte. Elle ne voulait pas qu’il lui arrive quoi que ce soit, surtout qu’elle se sentait un peu responsable puisque c’était à cause d’elle que la chasse les avait menés dans cette combe. Mais il était difficile de continuer à surveiller du coin de l’œil le jeune homme lorsqu’elle se trouvait elle-même face à son propre combat.

Robin et Marian se battaient à présent dos à dos, entraînés dans un ballet mortel. Ils ne formèrent bientôt plus un duo, mais une seule et même personne, un être à quatre bras et quatre jambes et en parfaite coordination, repoussant inlassablement les vagues d'assaillants. Leurs forces réunie, ils semblaient inarrêtables et les soldats commencèrent à reculer, hésitants.

La plupart du temps, ils parvenaient à synchroniser leurs attaques, démontrant à quel point ils se connaissaient bien et ramenant des souvenirs de leur jeunesse. Mais là, il ne s’agissait pas d’un jeu, et ce n’était pas l’un contre l’autre qu’ils se battaient, mais ensemble. Tandis que Robin se battait comme un Croisé accomplit, frappant de taille et d’estoc, Marian continuait ses attaques croisées et acrobatiques, lançant pieds et poings de droite et de gauche, assommant de la garde de son épée et portant aux adversaires des blessures importantes.

Mais même s'ils réussissaient à tuer plusieurs de leurs assaillants, il devint évident pour Marian qu'il n’avait qu’une très faible chance de sortir vainqueurs de cette bataille. Ces hommes étaient bien entraînés. De vraies machines de guerre. Elle doutait qu’ils ne s’en sortent, malgré tous les talents qu’ils pouvaient avoir en tant que combattants. Cela ne lui empêchait pourtant pas de continuer à se battre aussi férocement qu’une lionne et d'espérer un miracle.

Les deux rebelles continuaient à frapper, inlassablement... Bientôt, ils se retrouvèrent séparés et elle ne le vit plus. Bien trop occupée à parer, à riposter et à assommer du plat de son épée. Elle savait qu’elle aurait du se montrer plus agressive, mais elle voulait simplement les mettre hors d’état de nuire.

Au début, les soldats retenaient leur coup et se contentaient de parer ses attaques, cherchant à ne pas la blesser. Mais quand ils virent que la lady était en réalité une formidable combattante, tout à fait dans la mesure de les battre et qu’elle n’allait pas se laisser faire, ils commencèrent à vraiment se battre. A mesure que leur frustration de ne pas avoir le dessus sur une simple femme augmentait, ils devenaient même terriblement agressifs, ayant tout à fait oublié leur galanterie et leur morale du début.

Il était évident que Marian ne pouvait plus se contenter de parer et d’assommer ses assaillants si elle voulait encore défendre sa vie. D’un revers d’épée, elle blessa gravement l’un des soldats qui fut définitivement hors combat. Puis elle se retrouva de nouveau face à un second qu’elle s’était déjà retrouvée à affronter plusieurs fois. Elle réussit finalement à l’assommer pour de bon et elle n’attendit pas qu’il fut étendu par terre et ne bougea plus pour parer l’attaque suivante.

Elle s’était en effet soudain retrouvée en duel avec le chef de l’escouade, et malgré tous ses talents guerriers, elle sentit tout de suite qu’elle n’aurait pas le dessus. La force de cet homme était impressionnante et il donnait des coups qu’elle peinait de plus en plus à parer. Son poignet la tiraillait à cause des impacts répétés et son bras faiblit, menaçant de ne plus pouvoir soulever l'arme. L’épée qu’elle tenait se faisait de plus en plus lourde et ses bras lançaient des vagues de douleur à travers son corps. Elle écopa plusieurs coups qui manquèrent de la sonner, mais rien de grave tant qu’il n’utilisait pas le tranchant ou la pointe de son épée.

Alors qu’il se ruait vers elle, prêt à frapper de nouveau, avec une incroyable rapidité, elle lâcha l’arme puis effectua un pas de côté pour saisir le bras de l’homme. Utilisant la propre vitesse du colosse et le poids de celui-ci, elle parvint à l’envoyer au sol qu’il percuta dans un choc sourd.

Le colosse à l'épée souffrait encore lorsqu’il se releva péniblement. Mais Robin était sur lui est le blessa gravement à un bras avant de devoir se retourner pour affronter un nouvel assaillant. Un instant, la capitaine oublia Robin et regarda fixement la jeune femme qui se battait contre l’un de ses hommes, ses cheveux volant autour d’elle tandis qu’elle exécutait avec grâce des parades qu’il n’aurait jamais cru voir un jour effectuées par une fois. Son sang ne fit qu’un tour et il se précipita vers elle.

De sa main libre, il frappa Marian au plexus solaire. Les poumons vidés de leur air, la jeune femme s'écrasa contre la roche et sa tête percuta une saillie. Cependant, il fut vite rattrapé par Robin qui croisa le fer avec lui.

De son côté, un soldat se précipitait déjà sur elle, sans doute heureux d’avoir un de ses adversaires à terre et à sa merci. A demie sonnée, Marian parvint à se souvenir de ce qu’il se passait de justesse. Puisant dans des ressources qu'elle ignorait avoir, elle saisit au vol l'énorme poignet de l'homme et le força à se retourner. La lame incurvée décrivit un arc de cercle vers elle. Quand elle vit une lueur meurtrière dans les yeux du colosse, Marian eut peur comme jamais dans sa vie. Une réaction normale au moment de mourir.

« Marian ! » hurla Robin en se précipitant à leur encontre.

Mais c’était trop tard. Il était trop loin et venait à peine d’en finir avec le chef. Et le soldat était déjà sur elle, s’apprêtant à lui plonger la lame de son épée à travers le corps…

Rassemblant ses dernières forces, Marian réussit à attraper la dague qu’elle conservait toujours dissimulée sur sa botte droite et d’un mouvement de hanche, comme dans un sursaut, réussit à se relever suffisamment pour plonger la lame de son arme dans le corps de l’attaquant avant que l’épée de celui-ci n’ait réussi à la transpercer.

La jeune femme hurla de douleur lorsque l’épée lui entailla profondément le bras gauche. Ce qu’elle vit ensuite, ce fut l’expression de surprise se lisant dans les yeux de l’homme qui se trouvait au-dessus d’elle qui la fit revenir à la réalité. C’est à cet instant qu’elle se rendit compte qu’elle avait enfoncé sa dague dans sa poitrine et qu’elle venait de le tuer. Ses yeux se voilèrent, comme ceux du cerf un peu plus tôt, et il retomba lourdement sur elle, son poids lui écrasant la poitrine.

Marian avait du mal à repousser le corps de celui-ci. Elle jeta un regard autour d’elle, cherchant son compagnon et jetant des coups d’œil affolés de droite et de gauche. Les battements de son cœur s’accélèrent lorsqu’elle vit le corps de six hommes gisants. Son soulagement fut à peine perceptible lorsqu’elle se rendit compte qu’aucun d’entre eux n’était le jeune hors-la-loi.

Elle voulut l’appeler mais se fut comme si on lui avait retiré sa voix. Celle-ci restait bloquée dans sa gorge et elle ne réussit qu’à pousser un faible râle. Bientôt elle le vit. Sous ses yeux, Robin acheva froidement l’un des hommes qu’elle avait blessé. Puis il se retourna et se précipita vers elle.

La débarrassant du corps qui la recouvrait, il l’aida à s’asseoir sur le sol et elle appuya son dos à la paroi du rocher qui se trouvait derrière et que sa tête avait heurté quelques instants plus tôt. Le regard perdu dans le vide, elle était épuisée et blessée, mais vivante.

Laissant échapper la dague sur laquelle elle avait crispé ses doigts au point d’en avoir fait blanchir les jointures, elle sentit sa respiration devenir saccadée, en proie à une angoisse soudaine.

Robin lâcha son épée et lui prit le visage entre ses mains, cherchant son regard. Elle l’entendit à peine lui demander si elle allait bien. Elle semblait sur le point d'éclater en sanglots. Mais même si elle savait à cet instant, qu’elle ne le ferait pas, ce serait de justesse...

Inquiet, le jeune homme découvrit rapidement qu’elle était blessée et commença à lui faire un bandage pour arrêter le sang qui s’écoulait abondamment. Marian, le regard continuant à fixer un point qui n’existait pas devant elle, comme si elle se trouvait déconnectée de la réalité. Elle n’entendait plus ce que Robin lui disait, bien qu’elle puisse voir, du coin de l’œil que ses lèvres bougeaient.

Une brise fit voleter de petites mèches sur ses joues et le hors-la-loi prit de nouveau en coupe son visage entre ses mains, la forçant à croiser son regard. Elle entendit alors ce qu’il lui disait. Il lui disait que tout allait bien, que tout allait bien se passer, qu’ils s’en étaient sortis et qu’il était fier d’elle, qu’elle s’était bien battue. La jeune femme échappa de nouveau au regard scrutateur de son compagnon tandis que ses yeux s’emplissaient de larmes.

Robin ramena la tête de la jeune femme contre son épaule et l’enlaça, la laissant ainsi étancher sa peine. Les mains ramenées contre la poitrine de celui-ci, Marian laissa enfin échapper les sanglots qui jusque là étaient restés bloqués dans sa gorge.

Le jeune homme dégagea avec douceur les cheveux qui recouvraient son oreille droite.

« Tu n’avais pas le choix, Marian. Il t’aurait tuée, de sang froid. Ou même s’il ne l’avait pas fait, il t’aurait dénoncée à Gisborne et au shérif. La situation serait devenue impossible… Ecoute-moi, Marian, tu n’avais pas le choix. Tu as fait ce qu’il fallait. »

Elle ne répondit pas, mais tandis qu’elle sentait son corps trembler et les sanglots se renouveler, elle le sentit resserrer son étreinte autour d’elle. Elle avait eu si peur… Peur pour sa vie, sans doute, mais également peur pour celle de celui qui se trouvait à présent de nouveau à ses côtés, sain et sauf. Elle aurait du être soulagé, mais elle n’y arrivait pas. La façon dont elle s’était battue, cette rage meurtrière… Elle aurait tué sans hésiter chacun de ses hommes, parce qu’il le fallait, pour protéger sa vie et celle de Robin. Et c’est ce qu’elle avait finalement fait.

Ses raisons étaient justes. Alors pourquoi était-ce si difficile d’affronter le geste qu’elle avait fait ? Elle sentit un goût amer dans sa bouche, comme du sang. Cet homme qu’elle avait tué… Ce soldat. Sans doute avait-il une famille, des enfants… Etait-il vraiment mauvais ? N’avait-il pas été qu’un simple exécutant des ordres ? Et même s’il était vraiment un homme cruel, il restait un homme.

Jamais les hommes n’avaient été complètement bons ou mauvais. Ils avaient une chance de s’améliorer et de devenir meilleurs tout comme ils pouvaient choisir cette autre voie où l’on méprisait la pitié et la compassion. Elle venait de tuer un homme. Elle venait de prendre une vie. Et elle savait qu’il lui faudrait sans doute un peu de temps pour s’en remettre.

En réalité, en cet instant, elle n’avait pas vraiment ce genre de réflexions, c’était plutôt un déchaînement d’émotions et le contrecoup de la bataille qui venait d’avoir lieu. L’adrénaline qui l’avait maintenant dans cet état de rage était désormais retombée, remplacé par un profond dégoût d’elle-même et du geste irréparable qu’elle venait de faire.

Tous les bruits de la forêt s'estompèrent puis se turent. Le silence se fit alors autour d'eux et des petites paillettes blanches et minuscules, humides et froides, voletèrent lentement et vinrent se déposer en douceur sur les deux jeunes gens et sur le reste de la forêt. Puis bientôt la neige se mit à tomber avec plus de force et forma un rideau opaque de flocons autour d'eux.


Dernière édition par Marian de Knighton le Lun 26 Avr - 19:37, édité 2 fois
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Robin de Locksley
▂ Master of the Bow ;


√ LOCALISATION : Sherwood
√ NOMBRE DE PRINTEMPS : 23

► WE ARE ROBIN HOOD ◄
● Age: 25 ans
● Titre: Hors-la-loi
● Inventaire:

MessageSujet: Re: The War Hunt Dim 18 Avr - 18:49


Sa question était restée en suspens. Marian était restée silencieuse quelques instants et elle finit par le gratifier d’un sourire gêné en qualifiant l’animal de petit démon. Le sourire de Robin s’était élargi et elle lui demanda ce qu’il avait en haussant les sourcils. Robin hocha la tête, dissimulant sa pensée. Son regard faisait des allers-retours entre elle et le lièvre. Lorsqu’il s’arrêta sur la jeune femme, un léger rire s’échappa de ses lèvres. Il secoua la tête, tandis qu’il écoutait la jeune femme donnant des précisions. Il devina que le lapin devait être celui qui l’avait poussée à se laver dans la rivière ce matin là. Sinon, pourquoi diable aurait-elle risqué d’attraper la mort ? Elle avait du y être contrainte. Robin lui demanda si elle comptait avoir sa revanche, et le regard que la jeune femme lui lança le stoppa net dans sa réflexion. Il décida qu’il aborderait le sujet un autre jour, lorsqu’il aurait épuisé tous les sujets de moquerie possibles.

La jeune femme dévala la pente, le jeune hors-la-loi la suivait de près. Elle s’accroupit près du lièvre en question, et arracha violemment la flèche à l’empêne bicolore pour la rendre à Robin. Il la prit, avant de vérifier la frotter à un bout de tissus afin de la nettoyer quelque peu. Comme Marian, il n’était pas fana de tuer les animaux. Mais, il fallait bien manger. C’était la loi des prédateurs, et il était un prédateur. Tout n’était qu’une question de relativité. Tout dans ce monde était relatif et chacun était mu par rapport aux autres. L’animal n’avait pas eu le choix. Il était mort à présent. Robin l’avait tué par nécessité. Marian lui tendit l’animal et interrompit Robin dans ses déductions. Avec un air absolument déterminé, elle ajouta qu’elle continuera à chercher le cerf qu’ils s’étaient promis, pour le ramener au camp. Robin haussa les épaules en attachant l’animal mort à sa ceinture. Lorsqu’il releva la tête, la jeune femme avait déjà reprit la traque du cerf. Robin pensa qu’il n’allait pas faire long feu si elle y mettait tant d’ardeur…

Il soupira avant de suivre la jeune femme, l’observant, l’écoutant. Aucun des deux ne parlait pendant cette longue traque. Robin observait les moindres faits et gestes de la Lady, tandis qu’elle était absolument absorbée par la chasse. Il lui semblait découvrir une autre partie d’elle. Enfin, il ne s’agissait pas vraiment d’une découverte, puisqu’il la connaissait déjà. Cette partie d’elle, sûre, confiante, talentueuse, déterminée… Il ne l’avouerait jamais c’est tout. Et puis quoi encore ? Aller avouer à Marian qu’elle avait raison depuis le début et que finalement, c’est elle la plus forte des deux ? Qu’elle pourrait (presque) le battre à l’arc avec un peu d’entrainement ? Ça n'allait pas ! Ouais, enfin, la partie "presque le battre à l'arc" restait peu probable étant donné qu'il était le meilleur archer de l'Angleterre comme on ne cessait de lui répéter. Mais bon.. Ça fait toujours du bien de rêver non?

Finalement, il vit la jeune femme se raidir et s’arrêter. Il comprit que la proie était en vue. Il se glissa furtivement à sa droite, et il resta accroupi, pour visualiser la situation. Les traits de Marian se durcirent tandis que Robin levait les yeux vers elle. Pourquoi ne se rapprochait-elle pas ? Elle était vraiment loin, là ! Piqué par la curiosité, il redoubla d’attention. Intéressant. Elle voulait donc lui prouver quelque chose. Intérieurement, il sourit. Un air malicieux passa sur son visage et l’admiration qu’il avait pour elle quelques minutes plus tôt s’évanouit. Elle n’y arriverait pas. Le cerf était beaucoup trop loin. La flèche perdrait de sa puissance et elle rebondirait sur l’animal, si toutefois elle l’atteignait. Robin lui aurait bien fait remarquer, histoire de se moquer à nouveau, mais une partie de lui, il fallait l’avouer, avait envie de voir si malgré tout, il était possible qu’elle arrive à le tuer. Il fronça les sourcils. A cet instant, la nature elle-même semblait retenir sa respiration, attendant le tir de la jeune femme.

L’animal releva la tête, comme s’il avait senti qu’il était épié et qu’il vivait là ces dernières heures. Ses yeux roulaient dans ses orbites tandis qu’il semblait flairer le piège. Robin pouvait sentir Marian se raidir. Elle allait tirer. Il resta silencieux. La flèche partit si vite que Robin en entrevit simplement l’empêne. Brillant, pensa-t-il. Le tir était concis, et il alla se planter directement dans le flanc de l’animal, entre deux côtes. Le cerf s’effondra. Dès lors, la jeune femme baissa son bras et elle sortit des fourrés. Robin lui emboîta le pas, et bientôt, ils arrivèrent près de l’animal agonisant. Respectueuse, Marian s’accroupit avant de prononcer les quelques mots qui lui permettrait peut-être de trouver la paix. Robin brisa la mélancolie qui s’était installée, il mit les mains sur ses hanches avant de lui dire, sur le même ton qu’elle avait employé plus tôt :

« C’est ton trophée de chasse, et j’avoue que je suis curieux de voir comment tu vas t’en sortir pour ramener au camp un aussi beau morceau… »

Il tentait de dissimuler la surprise qu’il éprouvait. Il ne pouvait qu’imaginer ce que ressentait la jeune femme. Il avait aussi le sentiment qu’il entendrait parler de cette satisfaction encore un bon bout de temps, une fois revenus au camp, ou plutôt à la grotte. Le regard foudroyant de Marian le remit à sa place, et il n’ajouta rien. Elle sortit sa dague, et elle commença à débarrasser l’animal des parties qui ne les intéressaient pas, c’est-à-dire les sabots et les bois par exemple… Robin la regardait faire, les bras croisés à présent, un demi-sourire flottant sur son visage. La jeune femme se retourna vers lui. Elle était absolument rayonnante. Robin eut un léger sourire, et alors qu’il prenait sur lui et qu’il était sur le point de la féliciter, son expression se décomposa. Elle prononça son nom d’une façon détachée, mais pas moins inquiétante pour le hors-la-loi. A son tour, Robin adopta une expression plus neutre, et il se retourna doucement.

Il y avait trois hommes. L’un d’entre eux les tenait en joue avec son arbalète. Petit joueur, pensa Robin. Nul besoin de les détailler pur comprendre qu’il s’agissait des hommes du shérif. Qui d’autre viendrait le troubler dans sa paisible forêt ? Robin émit un léger soupir, pas de crainte, mais presque de lassitude. Il entrevit néanmoins leurs uniformes, ce qui ne fit que confirmer l’inévitable. Un voix ténébreuse et autoritaire se dirigea dans leur direction. Robin en déduisit qu’il devait s’agir du capitaine. Sa main s’était faufilée jusqu’à son carquois, mais la voix du shérif l’en dissuada : on ne sait jamais. Ils avaient beau être idiots la plupart du temps, il ne fallait pas les sous estimer. Un rapide coup d’œil à Marian lui apprit qu’elle avait resserré sa prise autour de la dague. L’ombre d’un sourire fier passa sur le visage du hors-la-loi, qui plaça ses yeux bleus sur la situation. Trois autres gus sortirent des fourrés, et Robin abdiqua. Le combat serait sûrement inévitable. Et même s’il pouvait être plus rapide que l’homme à l’arbalète en haut de la pente, les autres l’abattraient à coup sûr avant qu’il n’ait le temps d’en descendre un deuxième.

Rapidement, ils furent encerclés. Robin n’aimait pas ça. Il devait trouver un plan, et vite de préférence. En attendant, il pourrait gagner un peu de temps. Le chef reprit la parole, et Robin et Marian déposèrent leurs armes au sol. Robin déglutit avant de serrer la mâchoire. Il s’exécuta et leva les bras, avant de croiser les doigts derrière sa nuque et de pousser un profond soupir exagéré qui ne passa pas inaperçu. Robin écoutait vaguement le chef parler. Néanmoins, une remarque retint son attention. La réponse se fit immédiate.

« Capturé dans son propre domaine. Sherwood. Cela doit être un sacré coup dans ton orgueil personnel, n’est-ce pas, Hood ? »

« Oh, ne vous inquiétez pas pour mon orgueil. Il se réparera à l’instant où vous retournerez pleurer auprès de Gisborne. »

« Continue à faire le malin et on aura vraiment une raison de te tuer sur place, toi et... »

A présent, leur attention était portée sur Marian. Robin capta la fin de la phrase du capitaine à laquelle il répondit avec acidité.

« …Ne serait-ce pas ?... Mais si, Lady Marian. »

« Très perspicace! Mais, si j'étais vous, je ferais attention avec elle… »

Le capitaine n’y prêta pas attention. Certes, Robin n’était pas en position pour négocier quoi que ce soit. Mais si on pouvait même plus s’amuser… Cette pensée lui traversa l’esprit et un sourire confiant s’afficha sur son visage, même si ça n’était pas comme ça qu’il se sentait. Marian était à présent le centre de leur discussion. Le regard lascif que le capitaine et ses hommes posaient sur la jeune femme faisait frémir Robin. De quel droit lui parlaient-ils comme ça ? De quel droit osaient-ils même poser les yeux sur elle ? Marian sembla reconnaître l’individu capitaine, il s’agissait de Fergal. D’après ce que Robin savait sur cet homme, c’était que c’était une brute de la pire espèce. Sa motivation était de voir la souffrance des autres s’imprégner sur leurs visage, juste avant la mort. Marian lui avait souvent parlé de lui puisqu’il était au centre des désagréables surprises du shérif.

Robin laissa l’homme se bercer dans ses illusions. Il se mit à réfléchir. Leur meilleur atout était la surprise. Ils se pensaient en surnombre, ils avaient raison, mais il ne fallait pas sous-estimer les deux hors-la-loi. Les hommes aux arbalètes avaient baissé leurs armes, et chacun n’était plus sur la défensive. Robin y vit là leur première erreur : ils étaient tellement sûrs d’eux que Robin et Marian n’auraient aucun mal à reprendre le dessus. Le problème était de savoir si la force de deux surmontera le nombre de six. Ce combat allait leur donner du fil à retordre. Robin doutait qu’ils aient le dessus… Sauf s’ils arrivent à les prendre par surprise, ce qui favoriserait grandement leur victoire.

« Eh bien. C’est le shérif qui va être ravi. Au lieu d’un traître, il aura deux traîtres à exécuter aujourd’hui. »

Les hommes les entoureraient bientôt, et discrètement, Robin fit glisser la corde qu’il prenait lorsqu’il allait à la chasse le long de son bras. Robin pouvait presque sentir Marian frémir d’impatience. Elle avait l’air de vouloir leur donner une bonne leçon. Robin n’était pas contre, loin de là, mais il pensait qu’il valait mieux attendre le bon moment pour lancer l’attaque. Leurs regards se croisèrent et s’accrochèrent. Tout près d’elle, Robin lui fit savoir dans un souffle rassurant qu’il ne l’abandonnerait pas. La main de la jeune femme arriva sur son avant bras. Penché vers elle, en une posture intime et confiante que les soldats avaient probablement remarquée, il tenta de lui glisser un bout de la corde dans la main. Il ne doutait pas qu’elle comprenne. Avec un regard entendu et complice, elle raffermit sa prise sur le bout de corde tandis que les soldats étaient près d’eux.

Robin se tourna vers le capitaine et le second, les seuls qui avaient parlé depuis leur rencontre. Les autres n’avaient rien dit et obéissaient aveuglément à l’instinct grégaire de leurs chefs. Jubilant, le capitaine s’avança vers eux en une posture arrogante :

« Si j’avais su que capturer le légendaire Robin Hood serait si simple, un jeu d’enfant presque… »

« Vous savez ce qu’on dit… On finit par se lasser de donner des leçons à des abrutis de votre genre. » répliqua Robin du tac-au-tac.

Un trait d’agacement apparut sur le visage du colosse qui fit sourire Robin. Un point pour le plus fameux des hors-la-loi. La réponse donnée par Robin avait été plus violente que d’habitude, mais la situation ne le mettait pas à son aise, alors il avait tendance à moins se contrôler. Le chef ignora Robin avant de se tourner vers Marian qu’il déshabillait du regard.

« La belle Marian qui ne manquera pas de… »

Ce fut sa deuxième erreur. Si Marian ne lui avait pas envoyé une droite, superbe au passage, Robin l’aurait probablement fait. Le capitaine mit un certain temps à se remettre. Robin éclata de rire, et il reprit, en haussant les sourcils :

« Je vous avais prévenu qu’elle était dangereuse. »

Se frottant la mâchoire, le capitaine autrefois fier, était maintenant déstabilisé. Marian leur lança une remarque acerbe et Robin sentit un frisson lui parcourir l’échine. Elle apprenait vite, se dit-il. Histoire de l’enterrer encore plus, Robin reprit, savourant le goût de la victoire :

« Terrassé par une Lady… Ça doit être un sacré coup dans ton orgueil personnel, n’est-ce pas, Fergal ? »

Un grand sourire étirait à présent son visage. Le chef n’était, semble-t-il, pas d’humeur à rigoler, et il tira son épée, aussitôt imité par son second : ceci annonçait le début des réjouissances. Bientôt, chaque homme était armé, excepté Robin et Marian, bien entendu. Marian avait peut-être un stylet, ou une dague. Robin quant à lui devrait se contenter des armes des soldats. Cela fera l’affaire. Pendant quelques secondes, tout devint calme, chacun s’observant dans un silence déjà meurtrier, jaugeant de la force et des faiblesses de son adversaire. Ce moment-ci précédait les batailles était plus décisif qu’il pouvait paraître.

Et puis, les hommes chargèrent en hurlant. Deux hommes tombèrent dans le piège de Robin et Marian qui tendirent brusquement la corde qui les séparait. La collision projeta les deux soldats à terre, en leur coupant le souffle. Les deux hommes seraient hors-jeu pour quelques minutes, espérons que cela suffise. D’un seul homme, Robin et Marian lâchèrent la corde, et attendirent la charge de leur adversaire. Le second choisit Robin comme cible. Il s’élança vers lui, son épée courte qu’il tenait à deux mains brandie au dessus de lui. Plus agile, Robin était sur ses gardes. Il esquiva le coup en se baissant et se propulsant sur le coté. Du coin de l’œil, il aperçut Marian en proie à un combat qu’elle maîtrisait, semblait-il. Il se dit qu’il n’avait pas à s’en faire pour elle, et qu’elle irait bien. L’observer lui fit décrocher de la bataille, et le second en profita pour donner un violent coup avec le pommeau de son épée à Robin. Il le reçut dans le ventre, se courba, et d’un magnifique coup sur le dos, le soldat le mit à terre.

Néanmoins, le hors-la-loi reprit le contrôle de la situation très vite. Il se retourna, juste assez vite pour voir l’homme brandir à nouveau son épée sur lui. Il roula sur le côté, l’homme planta son épée dans le sol. Robin profita de l’occasion pour lever sa jambe et lui donner un violent coup de pied qui l’atteignit dans le bas du ventre. Sur le coup, et comme Robin l’espérait, il lâcha son épée. Robin se redressa et lui donna un second coup de pied, qui l’envoya valser un peu plus loin. Il se redressa vivement, la respiration haletante, et il attrapa l’épée qu’il prit rapidement en main. Il s’approcha du second, et il vit son regard. Une lueur féroce accompagnée d’une détermination étrange brillait dans ses yeux. Robin sut alors qu’il ne pouvait pas le laisser vivre. Il semblait dévoué à la cause du shérif et en plus, il avait vu Marian. Cette évidence le frappa tout à coup. Il ne pouvait pas les laisser vivre. Il faudrait les tuer, tous. Le second tenta un ultime geste et il sortit une dague avant de la lever en direction de Robin. Mais le croisé avait conservé de bons réflexes et cette fois, il n’hésita pas. Son geste se fit fluide et ample et il laissa une coupure rouge et saignante sur le cou de l’homme qui s’effondra vite, une main sur sa blessure fatale.

Un hurlement l’alerta, et Robin esquiva le coup d’un soldat en pivotant et en parant avec son épée. Il lui décrocha un joli coup de coude, puis il le contourna. Soudain, il sentit quelqu’un derrière lui. Pas besoin de s’affoler, c’était Marian. Ils s’étaient retrouvés et combattaient à présent dos-à-dos, en parfaite osmose. Leurs attaques étaient synchronisées, leurs défenses parallèles et ingénieuses. Ils arrivaient à la fois à devenir un bouclier impénétrable et une arme dangereuse. Ils résistèrent longtemps aux assauts répétés des soldats, de moins en moins nombreux. Au bout d’un instant, Robin comprit que cette solution ne résoudrait rien, il ne tuait personne, mais faisait que les repousser. Un ennemi profita d’une brèche pour séparer les deux rebelles. Robin s’écarta de la jeune femme, et il prit à part l’homme. Il restait à présent deux hommes, plus le capitaine.

Le soldat contre qui se battait Robin parait les attaques du hors-la-loi, incessamment. Robin arrêta d’attaquer. Il se recula d’un pas, avant de hausser les sourcils d’un air insolent, en une expression muette qui disait « Viens ! ». Le soldat tomba dans le piège et son épée décrivit une courbe parallèle au sol, destinée au flanc gauche de l’ancien croisé. Robin fléchit, et il se baissa. Rapidement, il prit appui sur le sol, et il déstabilisa l’homme grâce à un croche-pied. Ce dernier, à la grande surprise de Robin, ne se laissa pas prendre, et il ne fut presque pas perturbé. Il brandit son épée et Robin eut bien du mal à parer, si bien que la force du soldat eut raison de lui, et il tomba en arrière. Leur lutte fut longue et pourtant, le soldat mourut rapidement. La rapidité et l’agilité du hors-la-loi lui permirent de planter son épée dans le ventre de l’homme, au dessus de lui, tandis qu’il préparait son coup mortel.

Le souffle court, le hors-la-loi poussa le corps lourd de l’homme qui tomba sur le côté, pas tout à fait mort, encore. Robin tâchait de rester concentré sur la tâche et ne voulait pas laisser son esprit divaguer. Cela ressemblait bien trop à une scène de bataille en Terre Sainte. Le sang, les cris… Lui qui pensait pourtant en avoir terminé, voici qu'il se transformait à nouveau en bête sanguinaire ? Il restait à présent le capitaine et un homme. Robin eut un frisson d’horreur lorsqu’il vit la difficulté de Marian avec le capitaine. Il voyait bien que la force de l’homme aurait raison d’elle. Alors qu’il s’apprêtait à crier son nom et à se précipiter vers elle, le soldat restant se mit en travers de sa route. Robin aurait aimé ne pas le tuer, mais il n’avait pas le choix. Cependant, ce fut plutôt rapide comparé aux autres opposants de tout à l’heure. Robin para, attaqua, recula, pivota, et dans le dernier mouvement de sa danse meurtrière, il planta son épée profondément dans le ventre de l’homme, près des reins pour être précis. Il ne tuait que quand c’était nécessaire. C’était nécessaire.

Le corps du soldat retombait sur le sol et Robin raffermit sa prise sur l’épée luisante de sang pour empêcher sa main de trembler. Il reporta son attention sur Marian, le visage fermé. Elle venait d’être envoyée au sol par le colosse, visiblement sonnée. Robin partit en courant dans leur direction. Le capitaine leva son épée au dessus de sa tête, mais sa trajectoire fut interrompue par l’épée du hors-la-loi. Le choc des deux lames fit un bruit dérangeant, et le chef ne fut nullement impressionné. Il fit tourner son bras, emmenant leur deux épées de façon circulaire, et il donna un coup avec le pommeau de l’épée dans la joue de Robin qui recula en titubant. Ce ne fut pas long, mais assez pour que le colosse retourne vers Marian. Les battements de son cœur tambourinaient contre le crâne de Robin, ses tempes lui faisaient mal. Il n’entendait plus qu’une espèce de grondement sourd. La scène se passa comme au ralenti. Robin s’approchait de l’altercation. La lame allait la toucher, c’était certain ! Il essayait d’aller vite, de se dépêcher… Mais quelque chose l’en empêchait.

« Marian ! » hurla-t-il.

Le temps redevint normal au moment où Marian poussa un cri déchirant, et où le cœur de Robin bondit en une convulsion anormale. L’homme tomba sur elle. Robin était à quelques pas, et il vit un homme agonisant par terre qui tendit la main vers lui, en signe d’aide. Il serra la mâchoire, et il leva son épée au dessus de lui, la tenait pas la garde, à deux mains. En un cri de douleur silencieux pour ce qu’il faisait qui résonnait au plus profond de son être, il acheva froidement l’homme, coupant court à ses « pitié… ». Il lâcha lentement l’épée, mais se força à dominer son esprit par une discipline presque inconsciente. Il se tourna vers Marian et il se précipita vers elle. Il l’aida à se débarrasser du corps qui la recouvrait en des gestes précipités. Il prit le visage de Marian entre ses mains, cherchant son regard. Elle l’évitait, fixant toujours le même point dans l’espace. Il voulut la prendre par les épaules, mais lorsqu’il l’effleura, sa main revint chargée de sang. Retenant une expression d’horreur, il leva les yeux vers elle. Aucune expression ne s’imprimait sur ses traits. Robin fut pris d’un accès de panique qu’il se força à maîtriser. Réfléchissant à toute vitesse, il tira de sa taille un ruban de fortune avec lequel il s’empressa de faire un bandage en l’entourant autour du bras de la jeune femme. Il se teinta rapidement de sang, et Robin déglutit difficilement. La blessure semblait profonde. Un léger vent frais se leva et Robin plongea son regard dans les yeux bleus de Marian, caressant doucement sa joue du bout des doigts.

« Tout va bien, c’est fini… On s’en est sorti, ne t’en fais pas… Je suis fier de toi… Marian, regarde-moi… »

Il continuait de lui parler, ne désirant pas la laisser dans cette stupeur mortifère. Il voulait capter son regard, mais la jeune femme lui échappa. Il l’enlaça tendrement, ramenant la tête de Marian contre lui. Il n’y avait pas de mots à prononcer, mais il continuait de répéter que tout irait bien, et que c’était terminé. Il ferma son esprit à des flash violents qui lui revenaient de la Terre Sainte, et il s’efforça de transmettre une vague d’apaisement à la jeune Lady. Il la sentit trembler, et il resserra son étreinte. Soudain, les sanglots se déclenchèrent, et Robin frotta son dos d’une main, continuant à la serrer fort contre lui. Les bruits environnants finirent par s’estomper, doucement. Timidement, la neige commença à tomber autour d’eux, toujours assis près du rocher. Robin ignorait le temps qui passait. Il ignorait la neige, le froid, les cadavres se vidant de leur sang autour d’eux… Il ignorait la flaque rouge qui imprégnait la neige au fur et à mesure des secondes qui passaient. Il ne se préoccupait que de Marian, dans ses bras. Lui qui s’était juré de la protéger, il venait juste de faire le contraire. Il lui sembla que les sanglots finirent par se calmer. Il voulut se dégager d’elle, tentant de lui parler, de la rassurer, de lui dire qu’il serait là pour elle, qu’elle pouvait lui parler, qu’elle devait le faire… Mais la jeune femme se colla encore plus à lui, visiblement pas encore prête à faire face à ce qu’elle avait fait. Robin caressa ses cheveux d’une main apaisante, avant de déposer un baiser sur son front, continuant de lui chuchoter des mots doux. Bientôt, il se rendit compte des meurtres de sang froid qu’il venait de commettre. La raison n’y changeait rien. Il les avait tués. Il s’était promis de toujours éviter le bain de sang, depuis son retour de Terre Sainte. Et pourtant, il venait tout juste d’enfreindre ce serment. Il lui sembla que quelque chose en lui venait de se rompre. Il ne pouvait plus se faire confiance. Il n’était plus le même. S’il ne pouvait pas tenir ses convictions, comment pourrait-il changer les choses ? Il ne valait pas mieux que le shérif finalement… Secouant la tête imperceptiblement, il s’efforça d’arrêter d’y penser. Avec sa main, il dégagea les cheveux de l’oreille droite de la jeune femme, avant de lui dire, les yeux dans le vide :

« Tu n’avais pas le choix, Marian. Il t’aurait tuée, de sang froid. Ou même s’il ne l’avait pas fait, il t’aurait dénoncée à Gisborne et au shérif. La situation serait devenue impossible… Ecoute-moi, Marian, tu n’avais pas le choix. Tu as fait ce qu’il fallait. »

Il le répétait tellement qu’il finissait presque par y croire lui-même. La neige finit par les entourer, les recouvrir. Leurs vêtements en tissus fin bien qu'ils soient en hiver absorbaient les flocons. Bientôt, ils seraient trempés. Robin finissait par reprendre conscience de la situation petit à petit. Il se rendait compte qu'il fallait qu'ils rentrent. Premièrement à cause de la neige, deuxièmement à cause du fait que personne ne viendrait les chercher pensant qu'ils étaient à la chasse. Et il fallait bouger et s'occuper l'esprit avant que tout ne refasse surface comme dans un cauchemar. Il disait ça pour Marian. Évidemment.

~> A suivre dans "New Camp"

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The War Hunt

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